Depuis le mouvement social de l’automne 1995, de nouvelles formes d’engagement et de mobilisations collectives ont vu le jour. Quelles sont leurs conditions d’émergence ?
Michel Vakaloulis. Il existe incontestablement une érosion du modèle traditionnel du militantisme fondé sur des appartenances sociales stables et irréversibles. Ce modèle, qui a marqué la période keynésiano-fordiste (1945-1975), avait une redoutable efficacité en termes de mobilisation collective, de socialisation politique et d’impact idéologique sur la société. Mais il péchait par une structuration pyramidale du pouvoir (emprise des appareils) et une conception ” intégriste ” (ou sacrificielle) de l’engagement individuel.