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Archive for avril 2001

Pour le sociologue Michel Vakaloulis, le boycott de Danone manifeste la volonté de nombreux citoyens de « refaire de la politique » face à la « révélation des logiques constitutives du capitalisme contemporain ».

L’affaire du boycott de Danone est en passe de devenir une question majeure du débat politique et social dans notre pays. Quelles sont les raisons de ce qui semble être une soudaine « percée » ?

Michel Vakaloulis L’affaire Danone suscite un jeu complexe d’interprétations concurrentes. Face à l’avidité vampirisante du capitalisme de la « préférence financière », une grande partie de la population cherche à transformer son indignation morale en solidarité active. Il s’agit de dépasser l’aveu de l’impuissance et de refaire de la politique à travers des micro-actions où le consommateur est appelé à ses responsabilités civiques.

Le boycott ouvre ainsi un espace démocratique qui donne à voir, non seulement les limites du « modèle social » de Danone, mais également le seuil « civilisationnel » de tolérance au-delà duquel l’organisation de la vie sociale est complètement subsumée au « libre jeu des forces économiques », cher au néolibéraux. À l’image de Renault-Vilvorde ou de Michelin – qui l’ont précédé – le cas Danone coagule des tensions antagoniques qui vont au-delà de l’émoi politico-social immédiat. D’une part, il révèle en grand format les logiques constitutives du capitalisme contemporain ; d’autre part, il fonctionne comme un vecteur de politisation de masse susceptible de faire émerger des nouveaux contentieux et des formes de contestation inédites.

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