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Archive for février 2003

Depuis le mouvement social de l’automne 1995, de nouvelles formes d’engagement et de mobilisations collectives ont vu le jour. Quelles sont leurs conditions d’émergence ?

Michel Vakaloulis. Il existe incontestablement une érosion du modèle traditionnel du militantisme fondé sur des appartenances sociales stables et irréversibles. Ce modèle, qui a marqué la période keynésiano-fordiste (1945-1975), avait une redoutable efficacité en termes de mobilisation collective, de socialisation politique et d’impact idéologique sur la société. Mais il péchait par une structuration pyramidale du pouvoir (emprise des appareils) et une conception « intégriste » (ou sacrificielle) de l’engagement individuel.

Le contexte dans lequel intervient l’action collective a beaucoup changé depuis. Le capitalisme est entré dans une phase inédite, plus destructrice et totalisante que jamais. Le nouveau régime de pouvoirs et de dominations ressemble à un « tourniquet »: tout devient flexible, fluide et imprévisible. Le monde postmoderne apparaît comme un « pluralisme désordonné », mais il n’en est pas moins fondé sur la consolidation de la puissance capitaliste à l’échelle mondiale. Cela élargit les frontières de l’espace contestataire et le potentiel des luttes sociales, mais rend en même temps le travail de mobilisation collective autrement exigeant et innovant.

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