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Archive for février 2013

Un entretien avec Mattia Calise – Mouvement 5 Etoiles

L’entretien avec Mattia Calise a été réalisé à Milan le 21 juin 2011. Mattia Calise a 21 ans et il est étudiant en sciences politiques. Il est conseiller municipal à Milan, élu lors des élections municipales et régionales qui se tenaient les 29 et 30 mai 2011 sur les listes du MoVimento 5 Stelle.

— On peut commencer l’entretien par quelques informations sur votre engagement politique.

Mattia Calise — J’ai commencé à m’intéresser à la politique, aux discussions sur la finance et l’économie quand j’étais lycéen. Je découvre la politique non pas à travers l’activité militante traditionnelle ou les médias officiels mais grâce à Internet qui offre la possibilité d’une information alternative. J’arrive à l’activisme dans un contexte d’effacement des lignes de démarcation entre les partis traditionnels. En Italie, il n’y a plus de droite ou de gauche, il y a des lobbies de spéculation qui mènent des conflits d’intérêts. C’est pourquoi nous avons besoin de faire de la politique, de la vraie politique.

— Les idéologies et les valeurs défendues par la gauche ou par la droite sont-elles des déguisements de leurs intérêts économiques respectifs ?

Mattia Calise — Dans le passé, il existait un vrai différend entre la gauche et la droite. Maintenant, je ne le sens pas. La référence à des valeurs est largement hypocrite. De toute façon, il n’est pas facile de rencontrer un vrai parti de gauche en Italie parce qu’ils essaient tous de se situer au centre plutôt qu’à gauche. Leurs positions convergent largement sur les privatisations, les politiques sociales revues à la baisse, le financement des partis ou le maintien de certains privilèges des parlementaires.

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Précarisés, pas démotivésVient de paraître aux Editions de l’Atelier.

Une plongée décapante qui explore le rapport des jeunes au travail et à l’engagement. Une remise en cause urgente et obligatoire pour les entreprises et les syndicats.

 Les jeunes salariés seraient-ils malléables à l’esprit de l’entreprise flexible ? Se résignent-ils, dans un contexte de chômage et de précarité, à la loi de la concurrence généralisée ? Ou au contraire, sont-ils capables de s’engager pour la dignité et la reconnaissance du travail sans pour autant se mettre au service d’une cause pour laquelle ils devraient sacrifier leur existence ?

Fruit de deux enquêtes approfondies, cet ouvrage révèle le malaise qu’éprouvent de nombreux jeunes salariés sommés de devenir des collaborateurs « performants et dévoués » et obligés de revoir à la baisse leurs ambitions et leurs revendications. L’interpellation touche évidemment les directions d’entreprise mais aussi les syndicats. Le rôle de ces derniers, aux yeux des jeunes, ne va plus de soi.

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Miro, L'Étoile bleue (1927)Espace de solidarité active entre les salariés ou simple outil de redistribution ? Champ d’action, de réflexion, de confrontation et de revendication économique et sociale ? Les CE sont à un tournant de leur histoire. Entretien avec Michel Vakaloulis.

Nvo – Les champs d’intervention de CE sont vastes. Le rôle des élus est très important. Surtout dans le contexte économique et social actuel. Quelles formes prennent ces interventions ?

Michel Vakaloulis – Les prérogatives des CE reconnues par la loi renvoient à deux types de missions. D’une part, assurer une expression collective des intérêts des salariés, notamment sur les questions économiques et l’organisation du travail. D’autre part, gérer les activités sociales et culturelles, appelées œuvres sociales avant 1982. Sur les questions économiques, on peut distinguer quatre fonctions principales :

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Par Pascale Paumier, Cédric Venturi, Rachida Zemmouj

La révolution islandaiseCette contribution à l’analyse politologique de la crise islandaise de 2008 et ses conséquences socio-économiques a été rédigée par Pascale Paumier, Cédric Venturi et Rachida Zemmouj, étudiant-e-s en Master II de Science Politique de l’Université Paris VIII, dans le cadre de mon cours Economie politique internationale. Mes remerciements aux auteurs de ce texte pour avoir autorisé sa publication dans mon blog. (MV)

Introduction

L’Islande a subi une forte crise économique en 2008, suite à la faillite de son secteur bancaire1. Cette importante crise économique a abouti à un processus démocratique inédit, avec l’élaboration d’une nouvelle constitution. La crise islandaise est originale à deux titres : d’abord, par sa gestion gouvernementale, ensuite, par la façon dont elle a été appréhendée par la population. Le cas de l’Islande nous paraît également intéressant car ce pays semble, aujourd’hui, sorti de la crise contrairement à bon nombre de pays européens2. Ces différentes raisons expliquent notre intérêt pour le cas islandais et notre envie de l’exposer.

A la suite de nos recherches, dans le cadre de l’élaboration de notre exposé, une problématique nous est apparue. Nous nous sommes demandés comment l’adhésion de l’Islande au néolibéralisme, à partir des années 1990, avait conduit le pays dans la crise, enclenchant un processus démocratique.

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