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Archive for octobre 2013

Par Philippe Pineau

Michel Vakaloulis propose un court traité de sociologie réalisé à partir d’une centaine d’entretiens auprès de jeunes salariés adhérents à l’UGICT-CGT, de jeunes salariés diplômés non syndiqués, et de jeunes organisés en collectifs (Génération précaire, Jeudi noir, Ingénieurs sans frontières, Confédération des jeunes chercheurs) ou syndicats (Unef, UNL), dont le trait commun pour ce dernier panel est l’évaluation critique d’une institution: le stage.

L’hypothèse de l’enquête est la suivante: le marché du travail étant traversé par une dimension générationnelle, comment les jeunes ressentent-ils la sphère de travail organisée dans «l’esprit de l’entreprise flexible», et quelles modalités mettent-ils en jeu dans le procès acceptation/contestation, pour asseoir ce qui leur paraît essentiel en termes de dignité et de reconnaissance ? La construction du livre en quatre chapitres, «A la découverte d’un monde nouveau», «Rapports de travail et construction identitaire», «Jeunes salariés et investissement syndical», et «De la contestation à l’engagement» ne fige pas – et c’est heureux – les éléments de réponse, qui courent du monde interne de l’entreprise aux actions promouvant les valeurs portées historiquement par le mouvement social.

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Entretien de Michel Vakaloulis à l’Humanité Europe (septembre 2013)

— Le titre de votre récent livre, «Précarisés, pas démotivés. Les jeunes, le travail, l’engagement», écrit à partir de témoignages de jeunes français en entreprise, exprime une contradiction. Comment se vit-elle ?

Michel Vakaloulis — La jeunesse subit la montée des précarités de plein fouet. La crise pèse comme une chape de plomb sur les destins individuels, brouille la vision de l’avenir, pousse à régler les problèmes à la petite échelle. En même temps, les jeunes considèrent qu’il est toujours possible d’améliorer les choses. Ils souhaitent avoir davantage de poids dans les entreprises, dans le système éducatif et en politique. Ils veulent être socialement utiles et demandent des vrais moyens d’agir.

Malgré la dégradation de la situation, ils s’efforcent de garder, à titre individuel, un regard optimiste dans un monde incertain et sans repères. Ils déploient des stratégies adaptatives pour accéder à l’emploi, bricolent et improvisent en permanence. Ils ne désarment pas mais procèdent par tâtonnement, en multipliant les expérimentations, les découvertes, les apprentissages. Mais leurs capacités créatrices sont inexploitées ou dévalorisées.

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Un entretien avec Giannis Milios, économiste, responsable de la politique économique de SYRIZA (Grèce)

Cet entretien avec Giannis Milios a été réalisé par Michel Vakaloulis à Athènes le 11 juillet 2013. Giannis Milios est professeur d’Economie Politique à l’Ecole Polytechnique d’Athènes et responsable de la politique économique de SYRIZA. Michel Vakaloulis a assisté aux travaux du Congrès fondateur de SYRIZA (10-14 juillet 2013) en tant que collaborateur scientifique de la Fondation Gabriel Péri dans le cadre d’une étude comparative sur la gouvernabilité alternative de la gauche en Europe.

— L’Europe a fonctionné pendant longtemps comme un pôle d’attraction pour la démocratie, la paix entre les peuples et le développement économique. Elle se trouve pourtant confrontée aujourd’hui à une crise inédite et multilatérale qui accroît les inégalités entre les pays européens et conduit à l’affaissement de sociétés entières. En quels termes peut-on analyser la crise de l’Europe non seulement dans sa dimension économique, mais avant tout comme une crise structurelle d’orientation stratégique ?

Giannis Milios — Pour comprendre la coupure que vous évoquez ainsi que le changement de paradigme en cours en Europe qui ne concerne pas seulement l’économie, mais également, le cadre institutionnel et la démocratie, nous devons tenir compte de deux facteurs. D’une part, la stratégie de modernisation portée par les forces économiquement dominantes et les élites politiques en Europe, ce qui est convenu d’appeler le néolibéralisme, d’autre part, la grande crise économique qui a éclaté en 2008.

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Par Maryse Lelarge

Les jeunes seraient-ils plus individualistes que leurs aînés ? Auraient-ils renoncé à « refaire le monde », au profit d’un repli générationnel sur le pré carré de la réussite individuelle ? La réalité décrite par Michel Vakaloulis n’est pas vraiment celle portée par ces a priori. En effet, la précarité envahit le quotidien des jeunes, dans tous les domaines et en premier dans celui de l’emploi. Et le malaise que provoque chez nombre d’entre eux la course imposée à la performance inatteignable engendre un rapport au travail différent de celui de leurs aînés ; ce qui compte plus que le clivage entre générations. Cette évolution marque aussi leurs relations avec les syndicats, dont les jeunes ne remettent pas en cause l’utilité, tout en cherchant des preuves de leur efficacité. Ils en attendent une proximité quotidienne, une écoute réelle, une expertise sur l’organisation, les conditions de travail et la reconnaissance professionnelle. L’étude montre que les jeunes sont donc disponibles pour des actions collectives ; en témoigne leur intervention dans des associations ou des groupes plus ou moins éphémères et sur des causes précises.

Michel Vakaloulis,  Précarisés, pas démotivés. Les jeunes, le travail, l’engagement , Editions de l’Atelier, 2013.

Source: Le Monde Diplomatique, octobre 2013.

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Par Marie-Adélaïde Scigacz (France Télévisions Info)

Parti politique ou « organisation criminelle » ? Les juges grecs devront trancher sur la nature même d’Aube dorée. Arrêtés pendant le week-end, une vingtaine de membres du parti xénophobe grec vont être présentés aux juges mardi 1er et mercredi 2 octobre. Parmi eux : six députés, ainsi que le dirigeant de la formation, Nikos Michaloliakos. Entré au Parlement en juin 2012, ce parti d’extrême droite est accusé d’être impliqué dans de nombreuses exactions à l’encontre d’immigrés, ainsi que dans le meurtre, le 18 septembre, d’un rappeur et militant antiraciste grec, Pavlos Fyssas.

Selon un rapport judiciaire du vice-procureur de la Cour suprême, Charalambos Vourliotis, publié lundi, Aube dorée, qui dispense « un entraînement de type militaire », serait à l’origine de « dizaines d’actions criminelles », dont deux homicides volontaires. Dans la foulée, le gouvernement a annoncé la « suspension du financement du parti pendant la procédure pénale en cours ». Bref, un coup de filet et une atteinte au porte-monnaie destinés à mettre un terme à l’aventure démocratique d’Aube dorée.

En attendant que la justice se prononce, Francetv info dresse le bilan d’un parti indissoluble dans la démocratie, mais bien décidé à faire son trou dans la vie politique grecque.

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