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Archive for the ‘Contributions’ Category

Par Margherita Nasi

Article paru dans Le Monde, 30 mai 2018 sur le livre Du pouvoir vertical aux pouvoirs partagés

Albert Camus distingue, dans L’Homme révolté, deux types d’efficacité, celle du typhon qui – emporte tout sur son passage et celle de la sève qui fait pousser. Comme le typhon, le pouvoir – vertical et hiérarchique « emporte sur son passage une bonne part de l’autonomie des acteurs, de leur créativité, de leur capacité à contribuer à l’œuvre collective », estiment Hervé Sérieyx et Michel Vakaloulis. Dans leur ouvrage Du pouvoir vertical aux pouvoirs partagés, le vice-président national de France Bénévolat et l’économiste et docteur en philosophie estiment que l’efficacité de la sève « risque de ne plus être demain un choix organisationnel possible mais une évidente obligation ».

Le constat de plus en plus partagé de l’écart entre l’ « attention réduite que nous accordons aux impulsions venues d’en haut et le volume croissant d’informations que nous échangeons horizontalement dans nos réseaux sociaux, tout cela périme à une vitesse météorique nos règles du jeu collectives ». Révélateur de cette évolution, l’écart se creuse entre l’image négative d’une DRH manipulatrice, exécutant les basses œuvres de patrons sans âme, et l’effort prospectif auquel s’obligent les professionnels de cette fonction essentielle dans un environnement liquide.

Evoquer une montée en puissance des pouvoirs partagés alors que des pouvoirs verticaux colossaux –  Gafam, multinationales… –  sont en train de coloniser la planète peut sembler paradoxal. L’individu, si désireux d’être personnellement et collectivement acteur de son destin, « se retrouve en fait ligoté de partout, à l’instar de Gulliver à Lilliput, par des algorithmes qui le cernent, des pubs et des produits qui le conditionnent et des normes qui l’entravent ».
Face à la multiplication des typhons, que peut la sève ? « Elle peut tout. »  Parce que nous allons vers un monde chamboulé par des forces qui nous échappent, c’est toute l’intelligence collective des membres de l’équipage qui est nécessaire pour inventer les conditions neuves d’une vie bonne pour tous. L’émergence du pouvoir collaboratif ne concerne pas uniquement une remise en cause des pratiques de management : « Il s’agit d’une durable transmission sociétale qui sera désormais au cœur de l’action politique et de ses enjeux. »
© Le Monde
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Par Jean-Pierre Bellier

Compte rendu publié dans Futuribles, n°424, mai-juin 2018

 

Du pouvoir vertical aux pouvoirs partagésPrenant acte du grippage — et donc de l’inefficacité de plus en plus flagrante — des modes de gouvernance au sein des organisations humaines, administrations publiques comme structures de droit privé, les auteurs s’engagent dans une sorte d’exégèse de l’exercice de formes verticales du pouvoir. Forts du constat de l’inadaptation de styles managériaux traditionnels qui, quels que soient leurs qualificatifs alléchants, ne prennent pas en considération l’évolution du rapport de tout un chacun avec le monde qui l’entoure, ils nous conduisent à nous interroger sur les vertus de modalités managériales et décisionnaires alternatives.

Pour ce faire, ils s’appuient sans l’énoncer sur une variante de la « théorie du tout » chère à feu Stephen Hawking, fameuse synthèse entre relativité générale et physique quantique, ce qui leur permet d’explorer le lien susceptible de rassembler dans une même perspective les quatre interactions fondamentales du management : le capital humain, la numérisation de l’activité, le bien-être au travail…, et in fine, une autre conception de la production de valeur ajoutée… Pour nos auteurs, donc, il semble exister dans les organisations humaines un parallèle à la gravité quantique à boucles : un exercice et une relation revisitée au pouvoir. Et ils réussissent sans conteste à nous donner envie de nous aventurer dans leur sillage.

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Trois grand-mères Grecques, Militsa (83 ans), Eustratia (89 ans) et Maritsa (85 ans) donnent le biberon et soignent le nouveau-né d’une femme réfugiée qui vient d’arriver à l’île de Lesbos (octobre 2015).

Une solidarité en acte par un peuple qui dans sa souffrance partage celle des autres…

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Par Michel Vakaloulis

Texte paru dans l’Humanité, 16 février 2015

Michel Vakaloulis

Comment gérer la victoire électorale ? Dans la stratégie de Syriza, la sortie de crise présuppose de transformer profondément la société grecque. Les trois piliers de son programme mettent l’accent sur la lutte contre la crise humanitaire et l’insécurité économique, la modernisation démocratique de l’Etat et la relance de l’économie sur la base des besoins sociaux et de la reconquête du travail. Ces trois dimensions programmatiques ne constituent pas trois séquences successives. En fait, les processus de changement commencent simultanément, mais ils ont un horizon temporel différent quant à leurs résultats et leurs exigences. Toutes les réformes doivent être menées de pair avec la transformation d’un modèle économique trop dépendant du tourisme et des importations. Ce qui à long terme implique de réindustrialiser le pays, de refonder ses spécialisations productives, de renforcer les coopérations multilatérales qui favorisent le développement durable.

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Par Armando Fernández Steinko,

Professor of sociology at Madrid’s Complutense University

Site personnel: http://asteinko.blogspot.com/ 

I would like to thank Júlio Marqués Mota, Margarida Antunes (Coimbra), Ricardo Vergés (Seville), Agustín Cañada (Madrid) and Michel Vakaloulis (Paris), all of whom were generous enough to send me documents that were important for writing this article.

Victor Vasarely – Edetta

Of all the countries in Europe, Portugal, Italy, Ireland, Greece and Spain are the countries that have been most affected by the financial crises: together they make up the ‘PIIGS’ states. These countries’ political, economic and social systems are currently facing a process of structural change, the result of which is extremely difficult to predict. Apart from the special case of Ireland, these countries share many similarities and have endured comparable historical experiences. However, Italy still tends to differ from the other states in a number of significant respects. Italy was one of the founding nations of the European Community and has always had far greater negotiating power than the other countries.

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par Nathalie Quéruel

Source: Santé & Travail, n°83, juillet 2013

Les organisations syndicales n’ont pas la cote chez les jeunes. Image brouillée, messages difficiles à comprendre pour les non-initiés et, surtout, précarité constituent des obstacles majeurs à l’engagement. Il existe heureusement des contre-exemples.

Le destin précaire – Santé & Travail

On ne peut pas dire que les jeunes, quand ils parviennent enfin à poser un pied dans le monde du travail, se précipitent dans les bras des syndicats. Une enquête de l’Institut syndical d’études et de recherches économiques et sociales (Iseres) de la CGT estimait à 2 % le taux de syndicalisation des moins de 30 ans en 2000. Et rien n’indique que ce chiffre ait évolué à la hausse, tant les obstacles à l’adhésion des jeunes salariés s’avèrent importants. La précarité en est un.« L’adhésion syndicale suppose une stabilité professionnelle. Ce n’est qu’après quatre ou cinq ans en poste fixe, quand on a pris ses marques dans l’entreprise, que l’on envisage cette possibilité », observe Michel Vakaloulis, sociologue, auteur d’un récent ouvrage sur les formes d’engagement des jeunes actifs (voir « A lire »). La course difficile au contrat à durée indéterminée (CDI) accapare toute leur énergie. « Et pour le décrocher, ils comptent plus sur la débrouille que sur un appui collectif des syndicats », estime Sophie Béroud, maître de conférences en sciences politiques à l’université Lyon 2.

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Par Margherita Nasi

Source: Le Monde, 25 mars 2014

La promesse – René Magritte

Individualistes, carriéristes, la tête dans le guidon… alors que nombre de commentateurs épinglent l’impatience des jeunes dans l’entreprise, Michel Vakaloulis déconstruit et contredit ce qu’il considère comme des poncifs. Dans Précarisés, pas démotivés ! le philosophe et sociologue plonge dans l’univers des jeunes salariés, auprès desquels il a mené des entretiens. Son essai, riche en témoignages, montre à quel point « l’image emblématique d’une génération individualiste a du plomb dans l’aile ».

Afin de comprendre quelles sont les préoccupations, les critiques et les visions d’avenir de cette nouvelle génération de salariés, encore faut-il s’interroger sur le contexte socio-économique. Ce qui émerge des témoignages, c’est une prise de conscience largement partagée d’une crise qui banalise le statut de travailleur jetable. Et qui explique le décrochage de la culture d’entreprise : comment s’identifier à un organisme si on est susceptible d’en sortir brutalement à chaque remise en jeu ? Si facteur générationnel il y a, il est lisible dans « la facilité avec laquelle les jeunes salariés se projettent à titre personnel dans l’idée de changement, de mobilité, de reconversion professionnelle ». Dans un univers instable et imprévisible, la mobilité devient un acte de gestion de l’emploi.

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