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Archive for the ‘Interventions’ Category

Par Michel Vakaloulis

Article publié dans la revue RH&M, n° 70, juillet 2018

Pour être un métier enrichissant humainement, il n’en demeure pas moins que le management de proximité est un métier dur qui requiert une capacité de gérer des situations complexes, voire paradoxales. Les difficultés auxquelles sont confrontées les encadrants dépassent largement la question de leur savoir-faire ou de leur autorité personnelle. Il s’agit de s’impliquer dans la régulation des rapports de travail plutôt que d’appliquer machinalement des règles techniques ou des critères de performance financière. Ils sont pourtant constamment perturbés, sinon désorganisés, par de multiples exigences et pressions qui alourdissent leurs tâches : demandes de résultats immédiats, traçabilité, comptes rendus d’activité au quotidien, assurance qualité, etc.

La première difficulté vient, précisément, de l’engagement managérial sur plusieurs fronts. D’une part, l’encadrant est sollicité comme réducteur de complexité face à la multiplication des interfaces et des objectifs contradictoires. Il s’agit de décliner sur le terrain des objectifs atteignables et mesurables, de personnaliser les trajectoires des agents, d’identifier les talents. Il faut donc trouver un bon équilibre, organiser des convergences, rester cohérent. En ce sens, le métier d’encadrant est expérimental par excellence.

D’autre part, il s’agit de donner du sens, en inventant des argumentaires pour convaincre les salariés, les motiver, les mobiliser. Le manager est ainsi dans une tension permanente, confronté à la résistance des collaborateurs, au manque de coopération, à la pression de la hiérarchie. Disponible et attentif aux autres, mais par la force des choses aussi, manquant et insuffisant à soi-même.

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Ce texte est extrait de l’ouvrage de Michel Vakaloulis, Travail salarié et conflit social (dir.), PUF, 1999. 

 

FRANCE-MANIFESTATION-CHEMINOTSLes cheminots de la SNCF étaient en pointe des mouvements de grève qui ont paralysé la France il y a 23 ans. FRANCOIS GUILLOT/AFP

AFP PHOTO/FRANCOIS GUILLOT

La mobilisation collective de l’automne 1995, en France, a suscité moult interrogations qui ne semblent pas s’estomper aujourd’hui, deux ans et demi après ce qui fut un « événement » remarquable et remarqué. Les présupposés socio-économiques du conflit, sa véritable « nature », son ampleur et ses limitations, et surtout, ses potentialités politiques sont les principaux aspects autour desquels se noue la discussion, savante, journalistique ou politique. La préoccupation commune des acteurs mobilisés contre les réformes du gouvernement d’Alain Juppé de contester la fatalité de la crise et, fondamentalement, de dénaturaliser les conséquences de celle-ci sur les fractions les plus déstabilisées et les moins protégées de la population a laissé, manifestement, des « traces » qui ne sont pas limitées à un seul domaine. Le « tracé de l’événement » s’est avéré profond, à la fois politiquement et symboliquement.

Conflit social de grande conséquence, le mouvement de l’automne 1995 continue de faire parler de lui, contradictoirement, sur le mode de l’invite à l’action contestataire ou sur le mode de la dépréciation de sa saillance politique. Certaines interprétations, éloquentes dans leur mutisme sur le fond de l’affaire, tendent à minimiser la portée de la mobilisation jusqu’au point de la réduire à une malencontreuse « parenthèse de l’histoire ». Mais l’évocation de l’événement reste « évidente ». La persistance de la contestation sociale depuis novembre-décembre 1995 contribue, par ailleurs, à renforcer la valence référentielle de ce mouvement. Certes, les postures discursives et les considérations dont il est l’enjeu ne lui sont pas toujours bienveillantes. Alain Touraine, par exemple, a opposé récemment le mouvement des chômeurs, porteur d’après lui de radicalité et d’espoir, au mouvement de décembre 1995, quant à lui rétrograde et hostile à la modernisation. En revanche, les animateurs du mouvement des chômeurs n’ont eu de cesse de souligner l’exceptionnel encouragement à la mobilisation que représente pour leur combat l’expérience de décembre 1995, expérience qui rompt avec le fatalisme de la dégradation du travail salarié.

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Par Hervé Sérieyx et Michel Vakaloulis

Une version raccourcie de ce texte est parue dans l’Humanité

La réforme de la SNCF lancée au pas de charge par le gouvernement d’Edouard Philippe met en lumière plusieurs thèmes principaux de la modernisation des entreprises. L’affaire semble entendue : la « réforme en profondeur » du système ferroviaire français ne peut être ni mise en cause, ni ajournée et encore moins retirée. Elle est nécessaire parce qu’elle relève du « bon sens », urgente parce qu’il s’agit d’anticiper l’arrivée de la concurrence ferroviaire, réaliste parce que l’objectif est d’aider une entreprise publique qui vit sous perfusion permanente à se redresser. Pour mieux faire rouler les trains, la priorité consisterait à réduire le train de vie de l’entreprise, en commençant par le statut des cheminots. Couper les coûts, « faut que ça saigne ! » : c’est la stratégie bien connue du boucher, dès qu’il s’agit d’améliorer la sacro-sainte performance.

Entreprises, bouchères ou boulangères

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Hervé Sérieyx, Michel Vakaloulis, Du pouvoir vertical aux pouvoirs partagés

Du pouvoir vertical aux pouvoirs partagésLa « machine à décider » des organisations publiques ou privées tend à se gripper de plus en plus. Partout, le pouvoir vertical est remis en cause, quelle que soit la légitimité de celui qui l’exerce, au profit de la participation des acteurs de terrain aux décisions. Le basculement du hiérarchique vers le collaboratif est une tendance de fond, visible et inéluctable.
S’appuyant sur d’importants matériaux empiriques et des échanges réguliers avec des dirigeants d’entreprise, DRH et syndicalistes, Hervé Sérieyx et Michel Vakaloulis font émerger les traits d’une nouvelle « gouvernance partagée », à l’image des nouvelles pratiques dans le monde associatif (l’évolution du bénévolat), éducatif (l’accompagnement « de pair à pair »), de l’insertion (projets territoriaux multi-acteurs) ou de l’économie (coopération pour le développement d’un territoire).
Ils montrent que l’intelligence collective, l’autonomie des acteurs, l’écoute, le goût de l’innovation et le souci de contribuer au progrès du bien commun favorisent l’émergence d’organisations originales à l’efficacité durable. Bien plus qu’une remise en cause des pratiques habituelles du management, cet ouvrage est un plaidoyer, nourri d’exemples convaincants, en faveur d’une transformation sociétale et politique fondée sur la co-construction.

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Conférence de Michel Vakaloulis à la Fondation Gabriel Péri, 23 mars 2012.

Toute comparaison intergénérationnelle qui fait l’impasse sur les déterminations socio-économiques de chaque période historique risque d’obstruer la compréhension des phénomènes qu’elle est censée éclairer. Les obstacles que rencontrent actuellement les jeunes ne sont pas de la même nature que les difficultés qu’ont connues leurs parents, et encore moins celles de la génération de l’après-guerre. Les modes de socialisation dans le travail et la vie sociale ont beaucoup changé. La relative insouciance des baby boomers a vécu. Désormais, la vision du futur est trouble et troublante.

La donne structurelle qui modifie considérablement le paysage social est le chômage de masse et le développement de la précarité. Les salariés sont sommés de toutes parts de revoir à la baisse leurs ambitions et leurs revendications. La concurrence brise la linéarité des parcours professionnels, multiplie les fractures sociales, exacerbe les luttes pour le classement dans l’entreprise. Cette tendance générale pèse terriblement sur les représentations collectives. Elle concerne sans doute tous les âges. Mais elle affecte plus nettement et plus intensément la jeunesse qui est en train de vivre une profonde transformation des cycles de vie marquée par la prolongation des temps des expérimentations et des réajustements identitaires dans les domaines de l’emploi, des choix de vie et des goûts culturels, de la vie en couple.

 

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Παρέμβαση στην Ημερίδα που διοργανώθηκε απο τη Fondation Gabriel Péri (Ίδρυμα Gabriel Péri) και τον Όμιλο «Δημοκρατία & Πολιτισμός» στις 6 Μαρτίου 2018 στο ΕΒΕΑ με θέμα τις προοπτικές ανάπτυξης και απασχόλησης στην Ν. Ευρώπη.

Δημοσίευση στην Εφημερίδα των Συντακτών

Μιχάλης Βακαλούλης - 2018

Σε αυτή την εισαγωγική παρέμβαση, θα διατυπώσω μερικές προανακρουστικές παρατηρήσεις που θα μας επιτρέψουν να εμβαθύνουμε στα συγκεκριμένα προβλήματα των παραγωγικών δομών και της δυναμικής της απασχόλησης στην Ευρώπη του Νότου.

Αρχίζω με τη γενική διαπίστωση ότι οι σύγχρονες ευρωπαϊκές οικονομίες έχουν εισέλθει εδώ και δύο τουλάχιστον δεκαετίες σε μια νέα φάση που χαρακτηρίζεται από μια σειρά αντιφατικά φαινόμενα που αλληλοσυμπληρώνονται. Θα μπορούσαμε να αναφέρουμε τη διόγκωση του τομέα των υπηρεσιών και τη διεθνοποίηση των ανταλλαγών, την άμβλυνση του ρυθμιστικού ρόλου του κράτους, τις πολιτικές απορρύθμισης και ιδιωτικοποιήσεων, την κυριαρχία του χρηματοπιστωτικού συστήματος που τείνει να αναδιατάξει το συνολικό κύκλωμα του κεφαλαίου, τους μετασχηματισμούς που σχετίζονται με την ανάπτυξη της ψηφιακής οικονομίας καθώς και τον αυξανόμενο ρόλο της γνώσης και τη πληροφορίας ως παραγόντων παραγωγής – σίγουρα η απαρίθμηση δεν είναι εξαντλητική.

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Universidad Complutense de Madrid, Facultad de Ciencias Políticas y Sociología

“Análisis de las elecciones presidenciales francesas de 2017”

Ponente:
Michel Vakaloulis (Universidad Paris VIII)

Charla-Coloquio, Miércoles, 17 de mayo de 2017. 12:00h, Salón de Grados (Fac. Ciencias Políticas) 3 Planta

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