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Posts Tagged ‘Génération’

Conférence de Michel Vakaloulis à la Fondation Gabriel Péri, 23 mars 2012.

Toute comparaison intergénérationnelle qui fait l’impasse sur les déterminations socio-économiques de chaque période historique risque d’obstruer la compréhension des phénomènes qu’elle est censée éclairer. Les obstacles que rencontrent actuellement les jeunes ne sont pas de la même nature que les difficultés qu’ont connues leurs parents, et encore moins celles de la génération de l’après-guerre. Les modes de socialisation dans le travail et la vie sociale ont beaucoup changé. La relative insouciance des baby boomers a vécu. Désormais, la vision du futur est trouble et troublante.

La donne structurelle qui modifie considérablement le paysage social est le chômage de masse et le développement de la précarité. Les salariés sont sommés de toutes parts de revoir à la baisse leurs ambitions et leurs revendications. La concurrence brise la linéarité des parcours professionnels, multiplie les fractures sociales, exacerbe les luttes pour le classement dans l’entreprise. Cette tendance générale pèse terriblement sur les représentations collectives. Elle concerne sans doute tous les âges. Mais elle affecte plus nettement et plus intensément la jeunesse qui est en train de vivre une profonde transformation des cycles de vie marquée par la prolongation des temps des expérimentations et des réajustements identitaires dans les domaines de l’emploi, des choix de vie et des goûts culturels, de la vie en couple.

 

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Source: L’Humanité, 14 mars 2014

Table ronde avec Nordine Idir, secrétaire général du Mouvement jeunes communistes de France, Sarah Leclerc-croci, présidente de la Jeunesse ouvrière chrétienne et Michel Vakaloulis, philosophe et politologue.

Rappel des faits. Le 26 février dernier, l’enquête 
sur Internet Génération quoi ?, menée par France Télévisions 
et qui avait attiré plus de 
210 000 réponses de jeunes de 18 à 34 ans, livrait ses révélations. Si le poids de la crise se révèle écrasant, l’étude révèle, de manière moins attendue, 
un « fort potentiel de révolte ».

Le pessimisme imprègne 
les réponses des jeunes. 
La situation pèse lourdement sur leurs épaules : un tiers d’entre eux sont persuadés qu’ils ne connaîtront 
pas la fin de la crise. L’expérience du chômage marque les esprits et assombrit l’avenir. Ils sont 43 % à penser que la vie de leurs propres enfants sera plus difficile que la leur. Pour réussir dans la vie, ils ne comptent que sur eux-mêmes, mais 77 % estiment que sans solidarité on ne peut s’en sortir. La surprise vient du sentiment de révolte qui les habite. À la question : « Est-ce que tu participerais à un mouvement de révolte type mai 1968 demain ou dans les prochains mois ? » 61 % répondent par l’affirmative. Il suffirait d’une étincelle…

La crise frappe durement 
la jeunesse… Le peu 
de confiance en l’avenir montré par l’enquête Génération, quoi ? peut-il faire craindre une résignation chez les jeunes ?

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Les retours du dimanche, une émission animée par Olivia Gesbert

Invités:

Christian Vulliez, ancien directeur d’HEC, membre du Haut Conseil de l’Education (HCE) de 2006 à 2013 et auteur de l’ouvrage Les jeunes et l’emploi : l’obligation de reconstruire ( ed. Eyrolles, 2013).

Michel Vakaloulis, philosophe et sociologue, maître de conférences en Sciences Politiques à l’Université Paris 8 de Saint Denis. Auteur de Précarisés, pas démotivés ! : les jeunes, le travail, l’engagement (ed. de l’Atelier, 2013).

Manu Tomillo, journaliste espagnol et rédacteur sur le site d’informations Café Babel.

Ecouter l’émission.

Alors que les Chefs d’Etat européens ont refait, mardi à l’Elysée, de l’emploi des jeunes leur priorité, comment lutter contre le chômage des 16-24 ans, cette « plaie de l’UE », ce « fléau » ? Ils sont actuellement 5,6 millions de jeunes européens sans emploi, avec des pics supérieurs à 55% d’inactifs en Espagne et en Grèce. Contrats aidés, garantie jeunesse, apprentissage, RSA européen… Quels sont les outils anti-chômage qui marchent et les pistes à suivre ? Enfin, jeunes / retraités : faut-il sacrifier les uns pour satisfaire les autres ? « Lutte des places » ou « guerre des âges », faut-il rééquilibrer la solidarité nationale en faveur de la génération montante afin d’éviter qu’elle ne devienne une « génération perdue » selon les mots d’Angela Merkel en juillet dernier ?

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Entretien de Michel Vakaloulis à l’Humanité Europe (septembre 2013)

— Le titre de votre récent livre, «Précarisés, pas démotivés. Les jeunes, le travail, l’engagement», écrit à partir de témoignages de jeunes français en entreprise, exprime une contradiction. Comment se vit-elle ?

Michel Vakaloulis — La jeunesse subit la montée des précarités de plein fouet. La crise pèse comme une chape de plomb sur les destins individuels, brouille la vision de l’avenir, pousse à régler les problèmes à la petite échelle. En même temps, les jeunes considèrent qu’il est toujours possible d’améliorer les choses. Ils souhaitent avoir davantage de poids dans les entreprises, dans le système éducatif et en politique. Ils veulent être socialement utiles et demandent des vrais moyens d’agir.

Malgré la dégradation de la situation, ils s’efforcent de garder, à titre individuel, un regard optimiste dans un monde incertain et sans repères. Ils déploient des stratégies adaptatives pour accéder à l’emploi, bricolent et improvisent en permanence. Ils ne désarment pas mais procèdent par tâtonnement, en multipliant les expérimentations, les découvertes, les apprentissages. Mais leurs capacités créatrices sont inexploitées ou dévalorisées.

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Soirée débat de l’UGICT-CGT avec Hervé Sérieyx et Michel Vakaloulis (12 mars 2013)

Qui sont les jeunes? Qui sont les vieux? Il faut discuter toutes les affirmations et les idées reçues. La rencontre entre Hervé Sérieyx acteur du monde socio-économique et associatif et du chercheur Michel Vakaloulis ne pouvait que nous conforter dans cette démarche. « On ressemble plus à sa génération qu’a son père » disent les Chinois. L’engagement de jeunesse n’est pas celle de la génération précédente, ni même de celle d’après guerre, il est autre et pas moins valide.

Les livres :
Hervé Sérieyx-Dominique ThierryGénérations placard, générations espoir, Editions Maxima, 2013.
Michel Vakaloulis, Précarisés, pas démotivés ? Les jeunes, le travail et l’engagement, Editions de l’Atelier, 2013.

Les auteurs :
Hervé Sérieyx, conférencier renommé, ancien délégué interministériel à l’insertion des jeunes, ancien professeur associé à l’Université Paris 8, a dirigé ou présidé plusieurs entreprises. Dominique Thierry, ancien Délégué général de Développement et d’emploi, co-créateur et Vice-président de France Bénévolt.
Michel Vakaloulis, philosophe et sociologue, maître de conférences à l’université Paris VIII, spécialiste de l’action collective et de l’analyse des relations professionnelles. Il a publié, seul ou en collaboration, une quinzaine d’ouvrages.

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Les jeunes diplômés ont des attentes multiples à l’égard du syndicalisme. Nombre d’expériences montrent d’ailleurs que, quand ils s’y engagent, c’est pour participer à la vie syndicale. Quelles démarches, quelles innovations mettre en œuvre pour leur faire toute leur place et ainsi améliorer la transmission et le développement de l’outil syndical ?

Table ronde organisée par le mensuel Options (n° 559, septembre 2010) avec la participation de Philippe Genet, membre de la direction du syndicat CGT de Renault Lardy (Essonne), Fabrice Hallais, responsable du réseau « Jeunes diplômés » de l’UGICT-CGT, Jean-Loup Leroux, ingénieur au Technocentre de Renault Guyancourt (Yvelines), Michel Vakaloulis, politologue et sociologue, spécialiste de l’action collective et du syndicalisme, Université Paris 8, Valérie Géraud, « Options ».

– Options : Depuis le mouvement contre le CPE il y a quatre ans, aucun indicateur ne permet d’estimer la capacité collective des jeunes à se mobiliser, que ce soit dans des mouvements sociaux spécifiques ou au sein de mobilisations plus larges. Quelle est votre perception de ce rapport à l’engagement pour ce qui concerne les jeunes diplômés à l’entreprise ?

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Les jeunes seraient-ils réfractaires au travail de l’engagement à force d’être fondamentalement investis dans le travail ? Plutôt que d’opposer les deux postures, l’(hypo)thèse fondamentale de notre étude affirme le contraire : la quête de sens dans le travail est un point d’entrée dans la question de l’engagement. Sans afficher une identité d’appartenance particulière, un grand nombre d’enquêtés se déclarent attachés à un système de valeurs professionnelles et de convictions éthiques qu’ils s’efforcent d’incarner dans l’action quotidienne.

Cet attachement n’est pas forcément vécu comme un engagement à proprement parler, ni a fortiori comme un acte contestataire. Il traduit pourtant un souci de qualité et d’utilité dans les rapports de travail qu’il s’agit de concrétiser tout en respectant les contraintes de l’entreprise. Faire passer des «messages » de respect et de dignité en interne, ne serait-ce que subtilement, défendre les standards de la professionnalité, même en l’absence d’un recours à la revendication, affirmer par la force de l’exemple certains principes indispensables pour mener ses missions dans de bonnes conditions sont des formes de micro-mobilisations qui engagent subjectivement sans porter explicitement une étiquette syndicale. Ainsi, de nombreux enquêtés assurent « se battre » à leur manière pour des « choses » qui les dépassent. Même s’ils n’ont pas encore trouvé le sens de l’engagement, ils pensent que s’engager a du sens.

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