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Par Michel Vakaloulis

Article publié dans la revue RH&M, n° 70, juillet 2018

Pour être un métier enrichissant humainement, il n’en demeure pas moins que le management de proximité est un métier dur qui requiert une capacité de gérer des situations complexes, voire paradoxales. Les difficultés auxquelles sont confrontées les encadrants dépassent largement la question de leur savoir-faire ou de leur autorité personnelle. Il s’agit de s’impliquer dans la régulation des rapports de travail plutôt que d’appliquer machinalement des règles techniques ou des critères de performance financière. Ils sont pourtant constamment perturbés, sinon désorganisés, par de multiples exigences et pressions qui alourdissent leurs tâches : demandes de résultats immédiats, traçabilité, comptes rendus d’activité au quotidien, assurance qualité, etc.

La première difficulté vient, précisément, de l’engagement managérial sur plusieurs fronts. D’une part, l’encadrant est sollicité comme réducteur de complexité face à la multiplication des interfaces et des objectifs contradictoires. Il s’agit de décliner sur le terrain des objectifs atteignables et mesurables, de personnaliser les trajectoires des agents, d’identifier les talents. Il faut donc trouver un bon équilibre, organiser des convergences, rester cohérent. En ce sens, le métier d’encadrant est expérimental par excellence.

D’autre part, il s’agit de donner du sens, en inventant des argumentaires pour convaincre les salariés, les motiver, les mobiliser. Le manager est ainsi dans une tension permanente, confronté à la résistance des collaborateurs, au manque de coopération, à la pression de la hiérarchie. Disponible et attentif aux autres, mais par la force des choses aussi, manquant et insuffisant à soi-même.

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Conférence de Michel Vakaloulis à la Fondation Gabriel Péri, 23 mars 2012.

Toute comparaison intergénérationnelle qui fait l’impasse sur les déterminations socio-économiques de chaque période historique risque d’obstruer la compréhension des phénomènes qu’elle est censée éclairer. Les obstacles que rencontrent actuellement les jeunes ne sont pas de la même nature que les difficultés qu’ont connues leurs parents, et encore moins celles de la génération de l’après-guerre. Les modes de socialisation dans le travail et la vie sociale ont beaucoup changé. La relative insouciance des baby boomers a vécu. Désormais, la vision du futur est trouble et troublante.

La donne structurelle qui modifie considérablement le paysage social est le chômage de masse et le développement de la précarité. Les salariés sont sommés de toutes parts de revoir à la baisse leurs ambitions et leurs revendications. La concurrence brise la linéarité des parcours professionnels, multiplie les fractures sociales, exacerbe les luttes pour le classement dans l’entreprise. Cette tendance générale pèse terriblement sur les représentations collectives. Elle concerne sans doute tous les âges. Mais elle affecte plus nettement et plus intensément la jeunesse qui est en train de vivre une profonde transformation des cycles de vie marquée par la prolongation des temps des expérimentations et des réajustements identitaires dans les domaines de l’emploi, des choix de vie et des goûts culturels, de la vie en couple.

 

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Par Michel Vakaloulis

Wassily Kandisky – Black and violet (1923)

 

Vaincre dans un contexte de crise

La victoire de Syriza aux élections législatives anticipées du 25 janvier 2015 bouleverse l’échiquier politique grec et interpelle l’Europe. On pourrait qualifier cette victoire d’historique, à cette précision près que les conséquences différées de l’onde de choc qui vient de se produire nous échappent largement. L’effet Syriza est incontestable. C’est d’abord un message d’espoir qui ouvre des perspectives inédites. C’est la délégitimation en acte des politiques d’austérité et l’affirmation de la possibilité de faire une autre politique tout en faisant de la politique autrement. La consécration de la gauche radicale en Grèce atteste que les élites dirigeantes ne sont pas invincibles. Quand il prend conscience de ses intérêts et agit avec détermination, un petit peuple peut avoir une grande voix.

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Plongé dans un profond état de désespoir, le peuple grec attend un changement radical.

Entretien avec Michel Vakaloulis, réalisé par Gilles Toussaint.

Source: La libre Belgique (Quotidien belge de langue française, 24 janvier 2015)

Télécharger l’entetien en format PDF

Alexis Tsipras

Philosophe et politologue, Michel Vakaloulis est maître de conférences à l’Université de Paris 8. Il est actuellement en Grèce pour suivre le scrutin électoral.

La victoire semble ne pas pouvoir échapper à Syriza. Dans tous les cas, ce parti aura tout intérêt à conclure des alliances. Quels sont les rapprochements envisageables ?

Michel Vakaloulis – On peut dire que la surprise ne sera pas la victoire de Syriza, mais plutôt son ampleur. Tous les sondages montrent en effet un écart qui ne cesse de se creuser en sa faveur. Le chef de file de Nouvelle Démocratie, M. Samaras, qui a fait une campagne électorale mâtinée de prévisions catastrophiques, est réduit à dire que Syriza veut transformer la Grèce en Corée du Nord ! L’argument est délirant et exprime le désarroi du Premier ministre.

Mais en Grèce, avoir le levier gouvernemental ne signifie pas avoir le vrai pouvoir. Syriza devra faire face au contre-pouvoir des mondes médiatique et économique qui, pendant 40 ans, ont tissé un système de connivence et de corruption qui a permis une hégémonie sans partage des conservateurs de Nouvelle Démocratie et des socialistes du Pasok. Jusqu’en 2009, ces deux partis représentaient entre 80 et 87 % du corps électoral. Du coup, ils ont joué énormément la carte du clientélisme. La bourgeoisie grecque y était très liée.

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Entretien avec Michel Vakaloulis, politologue, LCI

Ecouter un extrait de l’entretien

Michel Vakaloulis – LCI

A deux jours des élections législatives anticipées en Grèce, le parti Syriza est donné gagnant. Ce scrutin, qui s’annonce historique, pourrait voir les radicaux de gauche remporter la majorité absolue. « Les dirigeants de Syriza en sont presque convaincus », a déclaré le politologue grec Michel Vakaloulis.

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Alexis Tsipras (Syriza) & Pablo Iglesias (Podemos) – Athènes, 22 janvier 2015

 

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EXTRAIT – Un entretien de Michel Vakaloulis (Europe 1, 30 décembre 2014)

A défaut d’avoir pu élire un président, la Grèce organise des élections législatives anticipées le 25 janvier…. Le parti antilibéral, Syriza part favori…

Cliquer ici pour écouter l’intégralité de l’émission.

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par Nathalie Quéruel

Source: Santé & Travail, n°83, juillet 2013

Les organisations syndicales n’ont pas la cote chez les jeunes. Image brouillée, messages difficiles à comprendre pour les non-initiés et, surtout, précarité constituent des obstacles majeurs à l’engagement. Il existe heureusement des contre-exemples.

Le destin précaire – Santé & Travail

On ne peut pas dire que les jeunes, quand ils parviennent enfin à poser un pied dans le monde du travail, se précipitent dans les bras des syndicats. Une enquête de l’Institut syndical d’études et de recherches économiques et sociales (Iseres) de la CGT estimait à 2 % le taux de syndicalisation des moins de 30 ans en 2000. Et rien n’indique que ce chiffre ait évolué à la hausse, tant les obstacles à l’adhésion des jeunes salariés s’avèrent importants. La précarité en est un.« L’adhésion syndicale suppose une stabilité professionnelle. Ce n’est qu’après quatre ou cinq ans en poste fixe, quand on a pris ses marques dans l’entreprise, que l’on envisage cette possibilité », observe Michel Vakaloulis, sociologue, auteur d’un récent ouvrage sur les formes d’engagement des jeunes actifs (voir « A lire »). La course difficile au contrat à durée indéterminée (CDI) accapare toute leur énergie. « Et pour le décrocher, ils comptent plus sur la débrouille que sur un appui collectif des syndicats », estime Sophie Béroud, maître de conférences en sciences politiques à l’université Lyon 2.

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