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Archive for mai 2010

Les jeunes seraient-ils réfractaires au travail de l’engagement à force d’être fondamentalement investis dans le travail ? Plutôt que d’opposer les deux postures, l’(hypo)thèse fondamentale de notre étude affirme le contraire : la quête de sens dans le travail est un point d’entrée dans la question de l’engagement. Sans afficher une identité d’appartenance particulière, un grand nombre d’enquêtés se déclarent attachés à un système de valeurs professionnelles et de convictions éthiques qu’ils s’efforcent d’incarner dans l’action quotidienne.

Cet attachement n’est pas forcément vécu comme un engagement à proprement parler, ni a fortiori comme un acte contestataire. Il traduit pourtant un souci de qualité et d’utilité dans les rapports de travail qu’il s’agit de concrétiser tout en respectant les contraintes de l’entreprise. Faire passer des «messages » de respect et de dignité en interne, ne serait-ce que subtilement, défendre les standards de la professionnalité, même en l’absence d’un recours à la revendication, affirmer par la force de l’exemple certains principes indispensables pour mener ses missions dans de bonnes conditions sont des formes de micro-mobilisations qui engagent subjectivement sans porter explicitement une étiquette syndicale. Ainsi, de nombreux enquêtés assurent « se battre » à leur manière pour des « choses » qui les dépassent. Même s’ils n’ont pas encore trouvé le sens de l’engagement, ils pensent que s’engager a du sens.

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Un entretien avec Fabienne Pourre

Cet entretien avec Fabienne Pourre a été réalisé le 2 octobre 2009. Fabienne Pourre est secrétaire de section de Vitry Sur Seine et membre au Comité exécutif national du PCF, responsable du travail des communistes dans les quartiers populaires.

— Quels sont les éléments qui vous frappent concernant l’évolution politique en France un an après l’enclenchement de l’actuelle crise économique et financière ?

Fabienne Pourre — Par delà les multiples résistances contre la politique gouvernementale, ce qui me frappe le plus est le décrochage populaire qui s’opère, au sens large du terme, avec la sphère politique. C’est une donnée fondamentale de la période actuelle, y compris à l’égard du sarkozysme qui n’est pas en aussi bonne santé qu’on le croyait quelques mois auparavant.

Par contre, comme il demeure un énorme vide dans la proposition politique à gauche, l’adhésion au projet de Nicolas Sarkozy est une adhésion par défaut. Il faut admettre que ce projet est intelligent. Il part réellement des problèmes tels que les gens les vivent et les disent dans la rue – c’est un des aspects de sa force – pour arriver à formuler des proposions qui leur semblent d’évidence répondre à leur problèmes. Mais il ne suscite pas de véritable adhésion militante.

L’autre trait majeur de la conjoncture, c’est la contradiction entre l’avènement d’une crise énorme qui apparaît ouvertement aux yeux de tout le monde comme une crise du système capitaliste et l’absence de perspectives de changement profond. On aurait pu croire à cette occasion qu’une fenêtre d’opportunité allait s’ouvrir pour les forces de la transformation sociale. Pourtant, il ne se passe rien. On a l’impression que la majorité de la population vacille entre l’attentisme et la colère.

Lire la suite sur le site de la Fondation Gabriel Péri.

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