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Le Brunch de l’info, présentée par Bénédicte Le Chatelier sur LCI.

Invité: Michel Vakaloulis, dimanche 18 novembre 2018

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Le brunch l'info - Dimanche 18 novembre

 

 

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Un entretien de Michel Vakaloulis, l’Humanité, 10 septembre 2018, propos recueillis par Stéphane Aubouard

 

Wassily Kandinsky - Accompanied center (1937)

Wassily Kandinsky – Accompanied center (1937)

La fin des mémorandums signifie-t-elle pour la Grèce le retour à une véritable autonomie politique et économique ?

Dans les faits, le troisième mémorandum signé par le gouvernement Syriza-Anel conduit par Alexis Tsipras consolide et approfondit les deux précédents. Mais l’expiration formelle de ce dernier « programme de sauvetage » n’a guère de vertus salutaires. Les données fondamentales de l’économie et de la politique sont inchangées. Toutes les mesures autoritaires et austéritaires appliquées au cours des huit années de crise restent en vigueur. Les sacrifices du peuple grec continueront encore longtemps. Le fardeau de la dette publique qui représentait 129% du PIB en 2009 (298 milliards d’euros), s’élève à présent, après tant de réformes et de restructurations, à 179% du PIB (332 milliards d’euros). L’obligation du pays de dégager des déficits primaires de 3,5% jusqu’en 2022 et de 2,2% jusqu’en… 2060 implique de très faibles marges de manœuvres pour rompre avec les politiques libérales. En réalité, le pays sera en surveillance renforcée pour jouer le jeu des créanciers et marcher dans les « rangs ». Autant dire que la Grèce a du mal à maîtriser son destin collectif démocratiquement dans la mesure où elle est prise au piège de « mauvais » scénarios.

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Συνέντευξη του Μιχάλη Βακαλούλη στην Αλεξία Κεφαλά, Τα Νέα, 18 αυγούστου 2018
Η κοινωνία διαισθάνεται ότι δεν υπάρχει μεταμνημονιακό happy end, τονίζει στη συνέντευξή του στα «ΝΕΑ Σαββατοκύριακο» ο καθηγητής Μιχάλης Βακαλούλης, ο οποίος, αναφερόμενος στην πολιτική που άσκησε η κυβέρνηση του ΣΥΡΙΖΑ, σημειώνει ότι «ο απολογισμός παραμένει συνολικά αρνητικός». Για τον Μιχάλη Βακαλούλη «ο αυτόματος πιλότος της απαρέγκλιτης εφαρμογής των μνημονιακών δεσμεύσεων κονιορτοποίησε τις προσδοκίες μετάβασης σε ένα μετα-νεοφιλελεύθερο μοντέλο ανάπτυξης και διακυβέρνησης».
Michel Vakaloulis - Ta Nea
Εχετε την εντύπωση ότι η κρίση που βίωσε η Ελλάδα θα σημαδέψει για πάντα τους Ελληνες στην καθημερινότητά τους;
Οι κοινωνικές και συμβολικές διαστάσεις της κρίσης σημαδεύουν αδυσώπητα την καθημερινή ζωή. Η σημερινή ελληνική κοινωνία έχει την αίσθηση ότι ο χρόνος εργάζεται εναντίον της. Αδυνατεί να ορίσει το μέλλον της συλλογικά και δημοκρατικά στον βαθμό που βρίσκεται παγιδευμένη στο δόκανο «κακών» σεναρίων. Τα κυρίαρχα συναισθήματα της μεγάλης πλειονότητας των πολιτών είναι η αβεβαιότητα, η οργή, ο φόβος, η απαισιοδοξία για την πορεία των πραγμάτων.

Session 4: Youth, gender, migration and inter/intra generational inequalities (In Greek)

Moderator: Jason SchinasPapadopoulos, Secretary of SYRIZA Youth

Speakers:

Nikos Paizis, Senior Researcher at the Centre for the Development of Education Policy of the Greek Confederation of Labour, KANEP – GSEE: “Social and educational inequalities in Greece and the effectiveness of educational policy”

Dimitris Parsanoglou, Senior researcher at the Department of Social Policy, Panteion University of Social and Political Sciences: “Employer hiring practices and youth strategies for labour market integration in Greece during the crisis”

Michel VakaloulisAssociate Professor of Political Science, Univeristy of Paris VIII: “Social inequalities and forms of politicization of youth during the crisis: The case of France”

Paola Villa, Professor of Economics, University of Trento & Gabriella BerloffaAssociate Professor of Economics, University of Trento: “Gender inequalities in the early labour market experience of young Europeans”

Par Michel Vakaloulis

Article publié dans la revue RH&M, n° 70, juillet 2018

Pour être un métier enrichissant humainement, il n’en demeure pas moins que le management de proximité est un métier dur qui requiert une capacité de gérer des situations complexes, voire paradoxales. Les difficultés auxquelles sont confrontées les encadrants dépassent largement la question de leur savoir-faire ou de leur autorité personnelle. Il s’agit de s’impliquer dans la régulation des rapports de travail plutôt que d’appliquer machinalement des règles techniques ou des critères de performance financière. Ils sont pourtant constamment perturbés, sinon désorganisés, par de multiples exigences et pressions qui alourdissent leurs tâches : demandes de résultats immédiats, traçabilité, comptes rendus d’activité au quotidien, assurance qualité, etc.

La première difficulté vient, précisément, de l’engagement managérial sur plusieurs fronts. D’une part, l’encadrant est sollicité comme réducteur de complexité face à la multiplication des interfaces et des objectifs contradictoires. Il s’agit de décliner sur le terrain des objectifs atteignables et mesurables, de personnaliser les trajectoires des agents, d’identifier les talents. Il faut donc trouver un bon équilibre, organiser des convergences, rester cohérent. En ce sens, le métier d’encadrant est expérimental par excellence.

D’autre part, il s’agit de donner du sens, en inventant des argumentaires pour convaincre les salariés, les motiver, les mobiliser. Le manager est ainsi dans une tension permanente, confronté à la résistance des collaborateurs, au manque de coopération, à la pression de la hiérarchie. Disponible et attentif aux autres, mais par la force des choses aussi, manquant et insuffisant à soi-même.

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Un entretien de Michel Vakaloulis, Le Monde, 26 juin 2018, propos receuillis par Charlotte Chabas.

Après de longues discussions, les ministres des finances de la zone euro (l’Eurogroupe), réunis jeudi 21 juin à Luxembourg, ont réussi à s’accorder sur les conditions de sortie de la Grèce de son troisième plan, prévue pour le 20 août.

Le pays aura reçu 300 milliards d’euros de prêts en échange d’un plan d’austérité et de réformes drastiques. Mais pour Michel Vakaloulis, enseignant chercheur en sociologie politique à l’université de Paris-VIII, cette sortie « est surtout symbolique, la Grèce va rester dans un régime d’exception ».

 — Huit ans après le début de la crise, à quel point la société grecque a-t-elle changé ?

AthènesMichel Vakaloulis  — La société grecque a subi une série de bouleversements à marche forcée sans précédent : réforme des retraites, des conventions collectives, de la sécurité sociale, du système des impôts, du salaire minimum et des aides sociales, entre autres… Cela donne une chute considérable et durable du niveau de vie des Grecs, et un triplement du taux de chômage, avec notamment le plus important taux chez les jeunes en Europe.

Le pays a été profondément traumatisé, et la fin du troisième plan d’aide ne va pas changer cet état de fait. C’est la plus longue crise pour un pays occidental depuis la seconde guerre mondiale.

 — Ces derniers mois, l’économie semble retrouver légèrement des couleurs, est-ce bon signe pour la suite ?

On peut dire que la situation s’est stabilisée, à l’image des comptes de l’Etat. Mais la croissance est un peu moins élevée que prévu, et surtout la dette reste immense. En revanche, c’est vrai que le chômage a baissé de quelques points ces derniers mois, mais c’est surtout dû à une hausse des embauches due à l’embellie saisonnière. Aujourd’hui, le tourisme est devenu l’industrie lourde de la Grèce, qui connaît une énorme explosion de la fréquentation, avec 36 millions de personnes attendues cette année.

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Par Margherita Nasi

Article paru dans Le Monde, 30 mai 2018 sur le livre Du pouvoir vertical aux pouvoirs partagés

Albert Camus distingue, dans L’Homme révolté, deux types d’efficacité, celle du typhon qui – emporte tout sur son passage et celle de la sève qui fait pousser. Comme le typhon, le pouvoir – vertical et hiérarchique « emporte sur son passage une bonne part de l’autonomie des acteurs, de leur créativité, de leur capacité à contribuer à l’œuvre collective », estiment Hervé Sérieyx et Michel Vakaloulis. Dans leur ouvrage Du pouvoir vertical aux pouvoirs partagés, le vice-président national de France Bénévolat et l’économiste et docteur en philosophie estiment que l’efficacité de la sève « risque de ne plus être demain un choix organisationnel possible mais une évidente obligation ».

Le constat de plus en plus partagé de l’écart entre l’ « attention réduite que nous accordons aux impulsions venues d’en haut et le volume croissant d’informations que nous échangeons horizontalement dans nos réseaux sociaux, tout cela périme à une vitesse météorique nos règles du jeu collectives ». Révélateur de cette évolution, l’écart se creuse entre l’image négative d’une DRH manipulatrice, exécutant les basses œuvres de patrons sans âme, et l’effort prospectif auquel s’obligent les professionnels de cette fonction essentielle dans un environnement liquide.

Evoquer une montée en puissance des pouvoirs partagés alors que des pouvoirs verticaux colossaux –  Gafam, multinationales… –  sont en train de coloniser la planète peut sembler paradoxal. L’individu, si désireux d’être personnellement et collectivement acteur de son destin, « se retrouve en fait ligoté de partout, à l’instar de Gulliver à Lilliput, par des algorithmes qui le cernent, des pubs et des produits qui le conditionnent et des normes qui l’entravent ».
Face à la multiplication des typhons, que peut la sève ? « Elle peut tout. »  Parce que nous allons vers un monde chamboulé par des forces qui nous échappent, c’est toute l’intelligence collective des membres de l’équipage qui est nécessaire pour inventer les conditions neuves d’une vie bonne pour tous. L’émergence du pouvoir collaboratif ne concerne pas uniquement une remise en cause des pratiques de management : « Il s’agit d’une durable transmission sociétale qui sera désormais au cœur de l’action politique et de ses enjeux. »
© Le Monde