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Un entretien avec Michel Vakaloulis, dans Eclairages, Le magazine du Comité Social et Economique Central EDF SA, n°1, dossier spécial « Crise sanitaire COVID 19 à EDF », juin 2020.

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Quel regard portez-vous sur la crise sanitaire actuelle ?

Michel Vakaloulis - Stade de FranceMichel Vakaloulis – Nous traversons une épreuve historique inédite. Une crise conjointement sanitaire, économique, sociale. On est frappé par l’impréparation des pouvoirs publics face à la pandémie après des décennies de détricotage des protections sociales, mais aussi, par la résilience et la solidarité des citoyens face au violent choc du confinement. Sans oublier les travailleurs en première ligne dont la mobilisation exceptionnelle dans les secteurs de la santé, des transports, de la distribution ou de l’énergie a fait tenir le pays debout. Quel renversement de situation que de découvrir, si besoin était, la centralité de ces métiers sans-grade, vitaux pour la collectivité mais longtemps méprisés, dévalorisés, précarisés !

C’est le retour du réel qui cogne fort contre l’irrationalité d’un régime économique qui repose sur l’institution de l’insécurité et la privatisation des normes du vivre ensemble sur fond de gestion court-termiste. On constate aujourd’hui que le prix à payer pour la destruction « touche par touche » de la chose publique est incalculable. D’où l’urgence de construire collectivement des gestes barrières pour se protéger des dégâts d’une financiarisation mortifère.

Quel serait l’éventuel impact de cette crise à EDF ?

Michel Vakaloulis – En tant qu’acteur majeur du service public de l’énergie, EDF doit tenir son rang et assumer pleinement ses responsabilités dans la lutte pour le redressement du pays. Il ne suffira pas de colmater les brèches ni a fortiori de poursuivre la fuite en avant dans la libéralisation et la désintégration de l’entreprise. Il faut apprendre à se réinventer, à retrouver des ambitions stratégiques dans le cadre de la transition énergétique. Ce qui va ressurgir en arrière-plan de la crise est encore imprévisible, mais désormais, certaines priorités peuvent être identifiées.

D’une part, il faut refonder le pacte social de l’entreprise. L’engagement dévoué et responsable au travail des électriciens, malgré les contraintes du confinement, requiert une politique de reconnaissance conséquente en matière de rémunération, de professionnalisation, de qualité de vie au travail. A ce propos, la généralisation du télétravail pendant la crise sanitaire mérite d’être analysée de près à la fois dans ses effets immédiats et dans ses conséquences structurelles dans un contexte de transformation digitale des métiers.

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Michel Vakaloulis est invité du Journal de 13h de France 24 (17 février 2020)

Entretien avec Michel Vakaloulis paru dans Partir, revue de l’Association Nationale de Coordination des Activités de Vacances, Sport et Culture (ANCAV-SC), janvier 2020.

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Il faut réinventer les pratiques syndicales

 

Près de soixante-quinze ans après leur création, les CE sont profondément transformés. Quelles conséquences pour leurs missions ?

Michel Vakaloulis – Le basculement vers un nouveau système de représentation, suite aux Ordonnances Travail du 22 septembre 2017, suscite beaucoup de tensions et d’inquiétudes. En règle générale, les élus du personnel voient bien ce qu’ils risquent de perdre, mais discernent mal ce qu’ils pourraient gagner. La conviction d’être sur la pente glissante du moins disant social est largement ancrée dans les esprits. Si le CSE permet aux directions d’entreprise de « simplifier » le dialogue social et « d’alléger » le système représentatif du personnel, il tend au contraire à complexifier les tâches du militantisme de proximité. Ce qui constitue pour les uns un principe de « fluidité » se présente pour les autres comme une contrainte supplémentaire.

La disparition des anciennes instances qui permettaient de former des « pépinières militantes », la diminution des heures de délégation et du nombre des élus, le risque de saturation du CSE qui capitalisera l’ensemble des problématiques CE, CHSCT, DP sont susceptibles de court-circuiter les liens effectifs de proximité avec les salariés. Or, c’est la profondeur et la consistance de ces liens qui constituent le réservoir de la puissance des représentants du personnel dans l’entreprise.

Quel impact sur la gestion des activités sociales et culturelles (ASC) ?

Michel Vakaloulis – La conjoncture actuelle est sans doute parsemée d’embûches et d’obstacles. Mais elle est aussi une occasion de préparer les activités sociales de demain dont le potentiel d’action et d’innovation est largement inexploité. Cela présuppose une politique « proactive » pour les inscrire dans la vie réelle des salariés au lieu de se contenter de les redistribuer « derrière le guichet » sous forme de quote-part aux bénéficiaires. Dans cette bataille d’émancipation au quotidien, les activités sociales peuvent servir de base pour reconstruire des systèmes solidaires de partage et d’ouverture au monde.

Le CE était un des derniers lieux d’émancipation pour les salariés. Le CSE peut-il jouer ce rôle ?

Michel Vakaloulis – Le CSE sera-t-il une occasion pour militer autrement ? Tout dépend de la capacité du syndicalisme de se redéployer dans le nouveau contexte institutionnel et réglementaire en sortant de ses « zones de confort ». Il faut d’abord retrouver les voies et le temps de la réflexion prospective. C’est la condition indispensable pour dresser des diagnostics pertinents et apporter des réponses adéquates. A défaut d’anticipation, les élus du personnel seront condamnés à se battre « au pied du mur ». Un simple travail de réactualisation ne suffit pas, l’intervention syndicale doit renouer avec l’ambition stratégique de peser sur le cours des choses.

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Por qué los franceses rechazan la reforma en las pensiones, Radio France Internationale, 16/12/2019

Why the French reject pension reform (english version)

Por Orlando Torricelli

En Francia, el proyecto de reforma de las jubilaciones ha generado una gran ola de protestas. Objeto de profundo desamor, esta reforma pareciera cristalizar todos los descontentos de la sociedad francesa, no solo los temores de pérdida de poder adquisitivo, sino también la posibilidad de proyectarse al futuro. Sumado a una desconfianza creciente en los representantes políticos y el estado.

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Michel Vakaloulis, economista, doctor en filosofía y profesor de Ciencias políticas en la Universidad de París 8 explica: ‘La reforma de las jubilaciones cristaliza diversas inquietudes, más allá de la cuestión de la capacidad de proyectarse en el futuro. En primer lugar, el poder de compra. Inquietud frente al hecho de que, no solo en Francia sino a nivel europeo e internacional, asistimos a un desmoronamiento de los puntos de referencia tradicionales: a la vez la economía, las instituciones del estado, lo que antes se llamaba ‘social’…, los puntos de anclaje tradicionales…, la desaparición del sistema salariado es muy significativa, con la uberización de sectores enteros de la economía.

Los puntos de anclaje se fragilizan o simplemente desaparecen. En consecuencia, la cuestión de las jubilaciones, la capacidad de proyectarse en el futuro; cristaliza una serie de inquietudes de orden económico, social y también político. En el sentido de la confianza que merece el estado y su capacidad de integrar a toda la gente, garantizándoles una vida social digna de ese nombre’.

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Un entretien avec Michel Vakaloulis, 100% Energies, n°904, trimestriel de la CFE Energies, printemps 2019

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Qu’est-ce qu’on peut retenir de la mobilisation des gilets jaunes ?

Michel Vakaloulis – La force événementielle du mouvement des gilets jaunes échappe aux catégories habituelles et suscite une crise d’interprétation. Mouvement protéiforme, inclassable et persévérant, il interpelle l’ensemble de la société au-delà de son socle initial. Ce sursaut populaire est marqué par de fortes exigences d’égalité, de justice et de démocratie, mais aussi, par des hésitations sur la marche à suivre et des contradictions inhérentes. Il montre surtout que la résignation face à la dégradation de la situation sociale n’est pas une fatalité. Et qu’il est toujours possible de surmonter le sentiment d’impuissance dans l’immédiat pour renouer avec des grandes espérances d’avenir. Cette onde de choc contestataire, dont les effets différés sont loin d’être clairement perceptibles, met au défi les « corps intermédiaires » de se renouveler ou de disparaître. L’ironie de l’histoire est que les mobilisations des gilets jaunes portent, en grande partie, sur des thèmes qui relèvent traditionnellement du champ de l’action syndicale, à l’instar de l’augmentation du pouvoir d’achat.

Peut-on se passer de syndicats dans une démocratie et leur substituer, par exemple, des mouvements spontanés de salariés ou de citoyens ?

Michel Vakaloulis – Le syndicalisme est un mode d’organisation et de mobilisation collective du salariat. À chaque période historique, certaines formes de libre association des travailleurs se constituent ou se reconstruisent en fonction des rapports de production dominants, en fonction aussi des combats menés. Les transformations du capitalisme entraînent un changement de la forme syndicale, mais cette évolution est un défi éprouvant et durable. Le réajustement du syndicalisme à la nouvelle donne d’un salariat multipolaire et éclaté se fait à coups d’essais et d’erreurs. Mais aucune organisation syndicale ne peut prétendre aujourd’hui avoir un boulevard devant elle.

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TV5 Monde, 64′, Le Grand Angle, 5 décembre 2019

Le Grand Angle est consacré au « Jeudi noir » en France avec le syndicaliste belge Claude Rolin en direct de Bruxelles, Roland Lescure député LREM de la 1ère circonscription des Français établis hors de France et Michel Vakaloulis, sociologue et spécialiste des mouvements sociaux.

 

Avec: Michel Vakaloulis – Le Live BFM, lundi 4 novembre 2019, BFMTV.

 

Depuis deux semaines, la mobilisation des gilets jaunes marque le pas. Malgré tout, elle est devenue une rituelle tous les samedis. Comment résumer ce mouvement des gilets jaunes qui durent depuis des mois? Peut-on prévoir sa fin? Quel impact a-t-il sur les décisions gouvernementales?

Michel Vakaloulis, maître de conférences en science politique – Week-end Direct, du samedi 11 mai 2019, présenté par Perrine Storme, sur BFMTV.

 

 

 

Η παρακμή του φιλελευθερισμού (Le déclin du libéralisme)

Συζήτηση του Κώστα Βεργόπουλου και του Μιχάλη Βακαλούλη με τον Immanuel Wallerstein, Μεταμεσονύκτιες Εκδόσεις, Αθήνα, 2019.

« Η ιλιγγιώδης πτώση του φιλελευθερισμού ως ενοποιητικής πολιτικής ύλης συνεπάγεται αυτόματα την αμφισβήτηση των επιστημολογικών βάσεών του. Το βλέπουμε αυτό εδώ και είκοσι χρόνια, από κάθε πλευρά. Η διάκριση αυτών των τριών σφαιρών που υποτίθεται ότι είναι αυτόνομες – πολιτική, οικονομική, κοινωνικο-πολιτιστική – είναι μια ομίχλη που μας εμπόδιζε να δούμε τι όντως συμβαίνει. Το βέβαιο είναι ότι δεν διαθέτει πλέον αποδεικτική αξία. Δεν είναι όμως το ίδιο εύκολο και να αντικατασταθεί. Βρίσκεται κανείς συνδεδεμένος με τις δομές σκέψης, κι ακόμη περισσότερο με τους θεσμούς της γνώσης της φιλελεύθερης εποχής. Θα χρειαστεί λοιπόν μεγάλη προσπάθεια ώστε να βρεθούν διαφορετικές βάσεις, πιο αποτελεσματικές για την επιστημονική μας γνώση. Πρόκειται για μιαν από τις πιο ακανθώδεις αλλά και ουσιαστικές αποστολές που έχουμε μπροστά μας. » (Immanuel Wallerstein)

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Un entretien de Michel VakaloulisLe journal des activités sociales de l’énergie, mars-avril 2019.

Les activités sociales mettent en avant la rencontre, le partage et la solidarité, des notions dont on parle beaucoup en ce moment. Comment comprendre leur actualité ?

Michel Vakaloulis – Depuis leur création, les activités sociales de l’énergie contribuent à démocratiser l’accès à certaines pratiques en matière de vacances, de loisirs, de culture au sens large du terme. C’est une façon de rééquilibrer humainement l’univers contraignant de l’entreprise et de s’ouvrir à la diversité du monde. L’agent n’est pas considéré comme un simple « facteur de production », il est aussi un être intégral qui aspire à se divertir et à s’épanouir. Les activités sociales constituent une liberté fondamentale qui permet aux bénéficiaires de créer des liens solidaires et de nouer de nouveaux rapports de sens. Cet aspect acquiert une signification particulière au moment où les espaces de convivialité et de communication ne cessent de se rétrécir au sein de l’entreprise. Face aux dislocations qui traversent les lieux de travail, les activités sociales représentent le dernier lieu où les agents de différentes unités des IEG (Industries Électriques et Gazières) peuvent se rencontrer, où il est encore possible de fédérer, ne serait-ce que symboliquement, le « peuple de l’énergie ».

Quelles sont les limites de ce modèle social où s’exprime une volonté créatrice de liens solidaires ?

Michel Vakaloulis – Les limites sont de plusieurs ordres. D’abord, les activités sociales de l’énergie ne sont plus en position de « monopole » mais directement en concurrence avec une offre diversifiée et facilement accessible du secteur marchand à des prix souvent alléchants. Ensuite, même si la légitimité de ces activités reste forte, il est nécessaire de redéployer l’offre pour élargir le champ des bénéficiaires et pour mettre en œuvre des projets qui sont en adéquation avec les nouvelles aspirations sociales. Cela oblige sans doute de revoir certaines priorités, de redéfinir la répartition budgétaire des ressources disponibles, de reconsidérer certains choix et arbitrages collectifs. Enfin, la compréhension des enjeux et des problématiques de la nouvelle étape des activités sociales de l’énergie exige une réflexion collective au-delà du strict périmètre des « gestionnaires ». Cette démarche collaborative et délibérative est indispensable pour approfondir la démocratie dans les activités sociales.

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« Les nouveaux défis de la Démocratie », TV5MONDE, 1er mars 2019, avec Guillaume Villemot, vice-président du Mouvement citoyen Bleu Blanc Zèbre, et le sociologue spécialiste des mouvements sociaux et du syndicalisme Michel Vakaloulis, invités du journal International.

Les gilets jaunes se sont rassemblés ce dimanche pour marquer les 3 mois du mouvement. Le mot d’ordre des organisateurs pour ce « dimanche jaune » est de rester pacifique. Beaucoup d’entre eux veulent notamment revenir aux origines du mouvement. 

Priorité au décryptage, dimanche 17 février 2019, émission présentée par Philippe Gaudin, sur BFMTV. Débat avec: Jannick Alimi, rédactrice en chef adjointe au service Politique du Parisien. Michel Vakaloulis, sociologue et spécialiste des mouvements sociaux. Pascal Jalabert, rédacteur en chef des journaux du Groupe EBRA. Guillaume Farde, spécialiste des questions de sécurité. Et Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail. 

 

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Joan Miro – Constallation (1933)

Quel est le regard que les élus territoriaux portent sur le rôle et les fonctions qu’ils remplissent dans le cadre du mandat qui leur a été confié par le biais du suffrage universel ? Quelles sont leurs préoccupations principales en tant qu’acteurs politiques en prise directe avec les problèmes quotidiens du très grand nombre et comment réagissent-ils face à la montée des sollicitations de leurs concitoyens ?

L’objet de cette intervention, issue d’une étude qualitative réalisée en 2003-2004, est d’analyser l’idée que les élus interrogés se font de leur action concrète et de l’impact de leurs décisions au sein de la vie collective. Le dispositif empirique de l’enquête était composé d’une cinquantaine d’entretiens semi-directifs répartis sur l’ensemble du territoire national et prenant en compte la diversité de l’appartenance politique des élus.

Quinze ans plus tard, alors que le pays est bousculé par le mouvement inclassable des gilets jaunes, les édiles de la République sont envoyés en première ligne pour résoudre, ou du moins, pour amortir la crise politique. Nous espérons que ce texte puisse contribuer à éclairer les origines du malaise social en France qui s’est accumulé depuis plusieurs années. (MV)

Une action concrète

Les missions des élus territoriaux sont d’une importance considérable dans la vie quotidienne des citoyens. Tout mandat de proximité est un mandat d’action directe, de réactivité placée sous le signe de l’urgence, de prise en charge souvent improvisée des problèmes « ordinaires ». L’offre politique locale rencontre une demande sociale diversifiée, exigeante, impossible à satisfaire intégralement, mais en même temps, indispensable à traiter ici et maintenant, et impartialement. Que l’on soit maire de petite commune rurale, conseiller régional ou député-maire d’une grande ville parisienne, on pense être au centre de l’espace social, jouant le rôle d’interface entre les pouvoirs publics et les administrés. Ce n’est qu’ensuite que des nuances d’appréciation apparaissent selon la nature du mandat (local-local ; local-régional ; local-national), les dispositions professionnelles ou générationelles de l’élu, son positionnement politique et idéologique.

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Midi Magazine, une émission de Philippe Arondel

« Management: un pouvoir vertical en crise », avec pour invité Michel Vakaloulis, maître de conférences en sciences politiques à l’Université Paris 8, pour son livre Du pouvoir vertical aux pouvoirs partagés (avec Hervé Sérieyx) paru aux Editions de l’Atelier.

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Du pouvoir vertical aux pouvoirs partagés« C’est précisément parce que nous allons vers un monde profondément chamboulé par des forces qui nous échappent que nous ne pouvons plus nous contenter de la vista des capitaines : toute l’intelligence collective des membres de l’équipage sera dorénavant nécessaire pour inventer dans cet environnement bouleversé les conditions neuves d’une vie bonne pour tous. Cela requiert un travail politique de réélaboration du perceptible et du possible pour créer une nouvelle dynamique de transformation sociale.

Les rapports entre le pouvoir vertical et les pouvoirs horizontaux évoluent partout, composant de nouveaux types de pouvoirs partagés. Dans l’entreprise, l’écart entre un discours officiel qui va dans ce sens et des pratiques qui souvent le contredisent crée dysfonctionnements et malaises, caractéristiques des périodes de transition. Mais au moment où les pouvoirs régaliens du capitalisme d’entreprise laissent le salarié individuel fort démuni, l’efficacité productive fait de plus en plus appel à l’autonomie et à la maîtrise du temps, à la recherche d’identité et de sens au travail et à la vie, et, partant, à de nouvelles relations de pouvoir faire ensemble.

Au niveau des territoires, dans le monde associatif et autour de la résolution de nombreuses problématiques sociales s’inventent de nouvelles pratiques, d’autres démarches collaboratives qui dépendent moins des ordres donnés par un chef que d’actions de facilitation, d’écoute, d’accompagnement visant à rendre chacun co-acteur d’un projet collectif. Les concepts clefs de ces nouvelles pratiques s’appellent coopération, association, collaboration, mutualisation et « empouvoirment ».

On mesure combien, dans ces pratiques neuves, s’avère essentiel le rôle quasi artisanal du boulanger qui fait lever cette intelligence collective, du jardinier qui fait pousser et croise les talents et du tisserand qui tisse le complexus de leur diversité ; et combien ces profils sont éloignés d’un management purement hiérarchique, voire d’une attitude jupitérienne. » (Hervé Sérieyx, Michel Vakaloulis)

 

Week-end Direct, du samedi 19 janvier 2019, présenté par Céline Pitelet, sur BFMTV. 

Invités : Michel Vakaloulis, sociologue, maître de conférences des universités en sciences politiques, Benjamin Cauchy, porte-parole des « gilets jaunes libres », Dominique Rizet, consultant police-justice de BFMTV, Jean-François Mbaye, député LaRem du Val-de-Marne, Jean-Christophe Gallien, président de JCGA, politologue et communicant.

 

 

Week-end Direct, samedi 22 décembre 2018, présenté par Céline Pitelet, sur BFMTV.  Avec Thierry Vedel, chercheur CNRS à Sciences Po, Michel Vakaloulis, enseignant chercheur en sociologie politique, Dominique Rizet, consultant police-justice BFMTV.

 

64 minutes, Le Monde en français, une émission présentée par Xavier Lambrechts sur TV5Monde

Invité: Michel Vakaloulis, dimanche 2 décembre 2018

Au lendemain des scènes de violences et de guérilla urbaine à Paris, le philosophe et sociologue Michel Vakaloulis analyse la situation et ses conséquences. Son dernier ouvrage, publié début 2018 s’intitule « Du pouvoir vertical aux pouvoirs partagés » (avec Hervé Sérieyx, Editions de l’Atelier). Quelle réponse politique face au mouvement inédit des gilets jaunes?

Gilets jaunes

Par Michel Vakaloulis

Ce texte est extrait d’une étude inédite sur les rapports entre mouvements sociaux et citoyens, syndicats et partis politiques.

Une appellation controversée

Parler de « mouvement social », c’est parler d’un objet controversé et hautement problématique. Sa consistance est réputée indécise, sinon innommable. Ses usages sont multiples et évolutifs, ses frontières sont révisables, et en partie, méconnaissables. Certaines acceptions y incluent toute séquence d’action collective concertée en vue de défendre une cause ou de se battre contre une injustice. Qu’est-ce qui relierait concrètement ces formes d’engagement ? C’est la volonté d’agir directement, en tant que personne sensible au destin collectif, au lieu de se leurrer dans des formes d’interpassivité (Slavoj Zizek) où le sujet a l’impression d’être actif par le biais d’un autre sujet (ou d’un procédé) qui fait le travail à sa place.

D’autres acceptions, plus restrictives, insistent sur l’aspect « nébuleuse » des activismes qui composent le « mouvement social ». Ces activismes tendent à s’autonomiser des formations partisanes tout en se situant aux confins du politique et du social. Ils occupent, pour ainsi dire, une position interstitielle qu’ils ne peuvent pas franchir sous peine de se voir aspirés par le « débouché politique ». Sans représenter des mouvements proprement politiques, ils remettent en mouvement le jeu politique en s’inscrivant dans une logique de conquête de nouveaux droits et de transformation sociale. Chaque activisme considéré distinctement ne porte pas en soi une vision globale de la société. Il contribue pourtant, par roulement ou simultanément, à entretenir la croyance à la permanence du conflit social, à accréditer l’idée d’un mouvement d’ensemble, irréductible à la simple juxtaposition des résistances qui seraient empilées les unes sur les autres.

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Le Grand Dossier, une émission présentée par Hélène Lecomte sur LCI, mardi 20 novembre 2018.

Invités: Bruno Cautrès, chercheur CNRS au CEVIPOF, Christine Clerc, journaliste politique, Sophie Fay, journaliste à L’Obs, Renaud Pila, journaliste LCI, Michel Vakaloulis, docteur en philosophie et sociologue.

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Le grand dossier - LCI 20-novembre 2018

 

Le Brunch de l’info, présentée par Bénédicte Le Chatelier sur LCI.

Invité: Michel Vakaloulis, dimanche 18 novembre 2018

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Le brunch l'info - Dimanche 18 novembre

 

 

Un entretien de Michel Vakaloulis, l’Humanité, 10 septembre 2018, propos recueillis par Stéphane Aubouard

 

Wassily Kandinsky - Accompanied center (1937)

Wassily Kandinsky – Accompanied center (1937)

La fin des mémorandums signifie-t-elle pour la Grèce le retour à une véritable autonomie politique et économique ?

Dans les faits, le troisième mémorandum signé par le gouvernement Syriza-Anel conduit par Alexis Tsipras consolide et approfondit les deux précédents. Mais l’expiration formelle de ce dernier « programme de sauvetage » n’a guère de vertus salutaires. Les données fondamentales de l’économie et de la politique sont inchangées. Toutes les mesures autoritaires et austéritaires appliquées au cours des huit années de crise restent en vigueur. Les sacrifices du peuple grec continueront encore longtemps. Le fardeau de la dette publique qui représentait 129% du PIB en 2009 (298 milliards d’euros), s’élève à présent, après tant de réformes et de restructurations, à 179% du PIB (332 milliards d’euros). L’obligation du pays de dégager des déficits primaires de 3,5% jusqu’en 2022 et de 2,2% jusqu’en… 2060 implique de très faibles marges de manœuvres pour rompre avec les politiques libérales. En réalité, le pays sera en surveillance renforcée pour jouer le jeu des créanciers et marcher dans les « rangs ». Autant dire que la Grèce a du mal à maîtriser son destin collectif démocratiquement dans la mesure où elle est prise au piège de « mauvais » scénarios.

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Συνέντευξη του Μιχάλη Βακαλούλη στην Αλεξία Κεφαλά, Τα Νέα, 18 αυγούστου 2018
Η κοινωνία διαισθάνεται ότι δεν υπάρχει μεταμνημονιακό happy end, τονίζει στη συνέντευξή του στα «ΝΕΑ Σαββατοκύριακο» ο καθηγητής Μιχάλης Βακαλούλης, ο οποίος, αναφερόμενος στην πολιτική που άσκησε η κυβέρνηση του ΣΥΡΙΖΑ, σημειώνει ότι «ο απολογισμός παραμένει συνολικά αρνητικός». Για τον Μιχάλη Βακαλούλη «ο αυτόματος πιλότος της απαρέγκλιτης εφαρμογής των μνημονιακών δεσμεύσεων κονιορτοποίησε τις προσδοκίες μετάβασης σε ένα μετα-νεοφιλελεύθερο μοντέλο ανάπτυξης και διακυβέρνησης».
Michel Vakaloulis - Ta Nea
Εχετε την εντύπωση ότι η κρίση που βίωσε η Ελλάδα θα σημαδέψει για πάντα τους Ελληνες στην καθημερινότητά τους;
Οι κοινωνικές και συμβολικές διαστάσεις της κρίσης σημαδεύουν αδυσώπητα την καθημερινή ζωή. Η σημερινή ελληνική κοινωνία έχει την αίσθηση ότι ο χρόνος εργάζεται εναντίον της. Αδυνατεί να ορίσει το μέλλον της συλλογικά και δημοκρατικά στον βαθμό που βρίσκεται παγιδευμένη στο δόκανο «κακών» σεναρίων. Τα κυρίαρχα συναισθήματα της μεγάλης πλειονότητας των πολιτών είναι η αβεβαιότητα, η οργή, ο φόβος, η απαισιοδοξία για την πορεία των πραγμάτων.

Session 4: Youth, gender, migration and inter/intra generational inequalities (In Greek)

Moderator: Jason SchinasPapadopoulos, Secretary of SYRIZA Youth

Speakers:

Nikos Paizis, Senior Researcher at the Centre for the Development of Education Policy of the Greek Confederation of Labour, KANEP – GSEE: “Social and educational inequalities in Greece and the effectiveness of educational policy”

Dimitris Parsanoglou, Senior researcher at the Department of Social Policy, Panteion University of Social and Political Sciences: “Employer hiring practices and youth strategies for labour market integration in Greece during the crisis”

Michel VakaloulisAssociate Professor of Political Science, Univeristy of Paris VIII: “Social inequalities and forms of politicization of youth during the crisis: The case of France”

Paola Villa, Professor of Economics, University of Trento & Gabriella BerloffaAssociate Professor of Economics, University of Trento: “Gender inequalities in the early labour market experience of young Europeans”

Par Michel Vakaloulis

Article publié dans la revue RH&M, n° 70, juillet 2018

Pour être un métier enrichissant humainement, il n’en demeure pas moins que le management de proximité est un métier dur qui requiert une capacité de gérer des situations complexes, voire paradoxales. Les difficultés auxquelles sont confrontées les encadrants dépassent largement la question de leur savoir-faire ou de leur autorité personnelle. Il s’agit de s’impliquer dans la régulation des rapports de travail plutôt que d’appliquer machinalement des règles techniques ou des critères de performance financière. Ils sont pourtant constamment perturbés, sinon désorganisés, par de multiples exigences et pressions qui alourdissent leurs tâches : demandes de résultats immédiats, traçabilité, comptes rendus d’activité au quotidien, assurance qualité, etc.

La première difficulté vient, précisément, de l’engagement managérial sur plusieurs fronts. D’une part, l’encadrant est sollicité comme réducteur de complexité face à la multiplication des interfaces et des objectifs contradictoires. Il s’agit de décliner sur le terrain des objectifs atteignables et mesurables, de personnaliser les trajectoires des agents, d’identifier les talents. Il faut donc trouver un bon équilibre, organiser des convergences, rester cohérent. En ce sens, le métier d’encadrant est expérimental par excellence.

D’autre part, il s’agit de donner du sens, en inventant des argumentaires pour convaincre les salariés, les motiver, les mobiliser. Le manager est ainsi dans une tension permanente, confronté à la résistance des collaborateurs, au manque de coopération, à la pression de la hiérarchie. Disponible et attentif aux autres, mais par la force des choses aussi, manquant et insuffisant à soi-même.

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Un entretien de Michel Vakaloulis, Le Monde, 26 juin 2018, propos receuillis par Charlotte Chabas.

Après de longues discussions, les ministres des finances de la zone euro (l’Eurogroupe), réunis jeudi 21 juin à Luxembourg, ont réussi à s’accorder sur les conditions de sortie de la Grèce de son troisième plan, prévue pour le 20 août.

Le pays aura reçu 300 milliards d’euros de prêts en échange d’un plan d’austérité et de réformes drastiques. Mais pour Michel Vakaloulis, enseignant chercheur en sociologie politique à l’université de Paris-VIII, cette sortie « est surtout symbolique, la Grèce va rester dans un régime d’exception ».

 — Huit ans après le début de la crise, à quel point la société grecque a-t-elle changé ?

AthènesMichel Vakaloulis  — La société grecque a subi une série de bouleversements à marche forcée sans précédent : réforme des retraites, des conventions collectives, de la sécurité sociale, du système des impôts, du salaire minimum et des aides sociales, entre autres… Cela donne une chute considérable et durable du niveau de vie des Grecs, et un triplement du taux de chômage, avec notamment le plus important taux chez les jeunes en Europe.

Le pays a été profondément traumatisé, et la fin du troisième plan d’aide ne va pas changer cet état de fait. C’est la plus longue crise pour un pays occidental depuis la seconde guerre mondiale.

 — Ces derniers mois, l’économie semble retrouver légèrement des couleurs, est-ce bon signe pour la suite ?

On peut dire que la situation s’est stabilisée, à l’image des comptes de l’Etat. Mais la croissance est un peu moins élevée que prévu, et surtout la dette reste immense. En revanche, c’est vrai que le chômage a baissé de quelques points ces derniers mois, mais c’est surtout dû à une hausse des embauches due à l’embellie saisonnière. Aujourd’hui, le tourisme est devenu l’industrie lourde de la Grèce, qui connaît une énorme explosion de la fréquentation, avec 36 millions de personnes attendues cette année.

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