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ENTRETIENS CROISÉS RÉALISÉS PAR PIERRE CHAILLAN
 

Avec Sophie Béroud, maîtresse de conférences en sciences politiques, université Lyon-II; Stéphane Rozès, consultant, président de la société de conseil CAP, enseignant à Sciences-Po et HEC; Michel Vakaloulis, sociologue, maître de conférences en sciences politiques à l’université Paris-VIII et coauteur de Du pouvoir vertical aux pouvoirs partagés (avec Hervé Sérieyx, Editions de l’Atelier, 2018)

Que traduit, selon vous, la recrudescence récente des mouvements sociaux, du privé et du public, dans des champs parfois très différents ?

Sophie Béroud — Ces différents mouvements marquent l’actualité de ce printemps, ce qui peut gommer de prime abord leurs différences. Certains constituent des réponses à des contre-réformes lancées sans réelle concertation par le gouvernement Philippe (à l’image des étudiants et des personnels des universités ou des cheminots), d’autres à des mécontentements accumulés depuis des années dans une entreprise (comme sur les enjeux salariaux chez Air France), alors que d’autres renvoient davantage à un lent travail de construction des revendications dans des secteurs où l’implantation syndicale est plus faible. On peut dire que dans leur diversité ces mouvements sociaux contribuent à montrer la centralité du syndicalisme, mais aussi les différentes dynamiques dans lesquelles il s’inscrit.

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Ce texte est extrait de l’ouvrage de Michel Vakaloulis, Travail salarié et conflit social (dir.), PUF, 1999. 

 

FRANCE-MANIFESTATION-CHEMINOTSLes cheminots de la SNCF étaient en pointe des mouvements de grève qui ont paralysé la France il y a 23 ans. FRANCOIS GUILLOT/AFP

AFP PHOTO/FRANCOIS GUILLOT

La mobilisation collective de l’automne 1995, en France, a suscité moult interrogations qui ne semblent pas s’estomper aujourd’hui, deux ans et demi après ce qui fut un « événement » remarquable et remarqué. Les présupposés socio-économiques du conflit, sa véritable « nature », son ampleur et ses limitations, et surtout, ses potentialités politiques sont les principaux aspects autour desquels se noue la discussion, savante, journalistique ou politique. La préoccupation commune des acteurs mobilisés contre les réformes du gouvernement d’Alain Juppé de contester la fatalité de la crise et, fondamentalement, de dénaturaliser les conséquences de celle-ci sur les fractions les plus déstabilisées et les moins protégées de la population a laissé, manifestement, des « traces » qui ne sont pas limitées à un seul domaine. Le « tracé de l’événement » s’est avéré profond, à la fois politiquement et symboliquement.

Conflit social de grande conséquence, le mouvement de l’automne 1995 continue de faire parler de lui, contradictoirement, sur le mode de l’invite à l’action contestataire ou sur le mode de la dépréciation de sa saillance politique. Certaines interprétations, éloquentes dans leur mutisme sur le fond de l’affaire, tendent à minimiser la portée de la mobilisation jusqu’au point de la réduire à une malencontreuse « parenthèse de l’histoire ». Mais l’évocation de l’événement reste « évidente ». La persistance de la contestation sociale depuis novembre-décembre 1995 contribue, par ailleurs, à renforcer la valence référentielle de ce mouvement. Certes, les postures discursives et les considérations dont il est l’enjeu ne lui sont pas toujours bienveillantes. Alain Touraine, par exemple, a opposé récemment le mouvement des chômeurs, porteur d’après lui de radicalité et d’espoir, au mouvement de décembre 1995, quant à lui rétrograde et hostile à la modernisation. En revanche, les animateurs du mouvement des chômeurs n’ont eu de cesse de souligner l’exceptionnel encouragement à la mobilisation que représente pour leur combat l’expérience de décembre 1995, expérience qui rompt avec le fatalisme de la dégradation du travail salarié.

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Par Hervé Sérieyx et Michel Vakaloulis

Une version raccourcie de ce texte est parue dans l’Humanité

La réforme de la SNCF lancée au pas de charge par le gouvernement d’Edouard Philippe met en lumière plusieurs thèmes principaux de la modernisation des entreprises. L’affaire semble entendue : la « réforme en profondeur » du système ferroviaire français ne peut être ni mise en cause, ni ajournée et encore moins retirée. Elle est nécessaire parce qu’elle relève du « bon sens », urgente parce qu’il s’agit d’anticiper l’arrivée de la concurrence ferroviaire, réaliste parce que l’objectif est d’aider une entreprise publique qui vit sous perfusion permanente à se redresser. Pour mieux faire rouler les trains, la priorité consisterait à réduire le train de vie de l’entreprise, en commençant par le statut des cheminots. Couper les coûts, « faut que ça saigne ! » : c’est la stratégie bien connue du boucher, dès qu’il s’agit d’améliorer la sacro-sainte performance.

Entreprises, bouchères ou boulangères

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Débat du jour, une émission animée par François Bernard (Radio France Internationale)

Ecouter l’émission

Le médiateur des Nations unies rencontre, ce vendredi 30 mars 2018, les ministres des Affaires étrangères grec et macédonien pour tenter de résoudre la querelle sur l’utilisation du nom Macédoine. Les deux pays se le disputent : la Grèce dont une région porte ce nom ; et l’ARYM, l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, qui voudrait s’appeler tout simplement Macédoine. La querelle a des racines historiques, et suscite un débat très vif qui touche à l’identité nationale de chacune des nations, voisines et ont des liens culturels et économiques forts. Elles veulent trouver une solution, mais les courants nationalistes de part et d’autre, ne semblent pas prêts au compromis.

Intervenants :
 Jean-Arnault Derens, historien et journaliste, spécialiste des Balkans et rédacteur en chef du site Le courrier des Balkans.
– Michel Vakaloulis, sociologue et maître de conférences en Sciences politiques à l’Université Paris 8. Auteur du livre « Du pouvoir vertical aux pouvoirs partagés » (avec Hervé Sérieyx, Editions de l’Atelier, 2018).

Μακεδονία

La librairie de l’Éco, du mercredi 28 mars 2018, présenté par Emmanuel Lechypre, sur BFM Business.

Avec: Jean-Didier Vincent, neurobiologiste et auteur de « Biologie du pouvoir » (Odile Jacob). Et Hervé Sérieyx, vice-président national de France Bénévolat et co-auteur de « Du pouvoir vertical aux pouvoirs partagés » (avec Michel Vakaloulis, Editions de l’Atelier).

Hervé Sérieyx, Michel Vakaloulis, Du pouvoir vertical aux pouvoirs partagés

Du pouvoir vertical aux pouvoirs partagésLa « machine à décider » des organisations publiques ou privées tend à se gripper de plus en plus. Partout, le pouvoir vertical est remis en cause, quelle que soit la légitimité de celui qui l’exerce, au profit de la participation des acteurs de terrain aux décisions. Le basculement du hiérarchique vers le collaboratif est une tendance de fond, visible et inéluctable.
S’appuyant sur d’importants matériaux empiriques et des échanges réguliers avec des dirigeants d’entreprise, DRH et syndicalistes, Hervé Sérieyx et Michel Vakaloulis font émerger les traits d’une nouvelle « gouvernance partagée », à l’image des nouvelles pratiques dans le monde associatif (l’évolution du bénévolat), éducatif (l’accompagnement « de pair à pair »), de l’insertion (projets territoriaux multi-acteurs) ou de l’économie (coopération pour le développement d’un territoire).
Ils montrent que l’intelligence collective, l’autonomie des acteurs, l’écoute, le goût de l’innovation et le souci de contribuer au progrès du bien commun favorisent l’émergence d’organisations originales à l’efficacité durable. Bien plus qu’une remise en cause des pratiques habituelles du management, cet ouvrage est un plaidoyer, nourri d’exemples convaincants, en faveur d’une transformation sociétale et politique fondée sur la co-construction.

Emission Décryptages, animé par Philippe Delaroche

Avec la participation de Marie Dancer (journaliste à La Croix) et de Michel Vakaloulis (philosophe et sociologue, maître de conférences en Sciences Politiques à l’Université Paris 8 de Saint Denis)

Ecoutez l’émission sur le site de Radio Notre Dame

Grèce, vers la fin de l_austérité